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Voici quelques instructions qui permettent de mieux comprendre le sens de la méditation et comment placer l’esprit.
L’Entraînement de l’Esprit en huit stances
Chants spontanés de Guendun Rinpotché
Poème en Hommage à Guendun Rinpoché
Les trente-sept pratiques des Enfants des Vainqueurs
Sur le sens des Engagements Sacrés, Enseignement de Shamarpa Kunzig Rinpotché
Les Engagements Sacrés (Samayas) du Véhicule Adamantin (Vajrayana)
Instructions de Kousāli sur la Nature de l’esprit
Quelques mots bref sur le Grand Sceau
La vue, présentée de façon concise par Naropa
Pratique de la dance imposante du nectar de Grande Félicité du Grand Sceau
Des paroles du Précieux Maître de l’Assemblée vertueuse (Guendun Rinpoché)
L’entraînement de l’esprit en huit stances
Avec la volonté d’accomplir le bonheur suprême de tous les êtres, tellement plus précieux que le joyau exauçant les vœux, j’apprendrai à les choyer comme un trésor inestimable.
En toute assemblée, j’apprendrai à me regarder comme le plus humble, mais du fond du cœur et avec respect, je tiendrai autrui en suprême estime.
M’exerçant à passer tous mes actes au crible de ma conscience, dès que s’annonce en moi quelque passion brûlante, menaçant ma paix et celle d’autrui, je l’affronte hardiment et préviens le danger.
Je m’exercerai à aimer les êtres de nature ombrageuse, et ceux que hantent de lourds péchés et que tourmente la souffrance, les rencontrer sera pour moi comme si de tous les trésors, j’avais trouvé le plus précieux, la perle rare inespérée.
Si d’autres gens par jalousie me traitent mal, me calomnient, me font outrage et autres torts, j’apprendrai à m’attribuer sans réserve la défaite et à leur offrir la victoire.
Si celui à qui j’ai prodigué tous mes bienfaits et dont j’espérais tant, contre toute raison, me blesse profondément, j’apprendrai à voir en lui l’ami spirituel excellent.
En bref, à tous sans exception, je m’exercerai à offrir, directement et indirectement, aide et bonheur, et avec tout le respect que méritent des mères, je me chargerai de leur mal et de leur souffrance.
Apprenant à garder sans tache ces pratiques, libre des corruptions des huit soucis mondains, connaissant toute chose comme illusion magique, de mon attachement je briserai les liens.
Kadampa Lang-ri-tang-ba
Un vers de Tilipa (connu aussi comme Tilopa)
Kyé ho ! (exclamation de joie et de certitude)
Cette sagesse qui se connaît elle-même, au-delà de la voie des mots, ne se trouve point dans le champ de l’expérience du mental, elle n’est pas plus dans les instructions de Tili, en elle-même et par elle-même révélée, la connaissance apparaîtra.
Vers libérateur rapporté par Naropa
Petits chants du cœur échappés de ma bouche
Le bonheur ne se trouve pas avec effort et volonté, mais réside là, tout proche, dans la détente et l’abandon.
Ne sois pas inquiet, il n’y a rien à faire.
Tout ce qui s’élève dans l’esprit n’a aucune importance, parce que dépourvu de toute réalité.
Ne t’attache pas aux pensées, ne les juge pas.
Laisse le jeu de l’esprit se faire tout seul, s’élever et retomber, sans intervenir.
Tout s’évanouit et recommence à nouveau, sans cesse.
Cette quête même du bonheur est ce qui t’empêche de le trouver, comme un arc-en-ciel qu’on poursuit sans jamais le rattraper.
Parce qu’il n’existe pas, parce qu’il a toujours été là, et parce qu’il t’accompagne à chaque instant.
Ne crois pas à la réalité des choses bonnes ou mauvaises, elles sont semblables aux arcs-en-ciel.
À vouloir saisir l’insaisissable, on s’épuise en vain.
Dès lors qu’on relâche cette saisie, l’espace est là, ouvert, hospitalier, et confortable.
Alors jouis-en.
Ne cherche plus.
Tout est déjà tien.
À quoi bon aller traquer dans la jungle inextricable, l’éléphant qui demeure tranquillement chez lui.
Cesse de faire.
Cesse de forcer.
Cesse de vouloir.
Et tout se trouvera accompli, naturellement.
Lama Guèndun Rinpotché
Laisse cet esprit, le tien, dans la détente, sans artifice.
Dans cet état, regarde le mouvement des pensées, établis-toi sur ce mouvement, sans forcer.
Dans cet état se révèle un calme.
Pas d’attachement au calme, pas de peur du mouvement.
Pas de différence entre le calme et l’activité.
Reconnais ces deux états comme des phénomènes mentaux s’élevant de l’esprit.
Dans cet état, repose …
Sans saisie, sans attachement, dans l’essence naturelle.
Dans cet état, l’essence de ton propre esprit, Sagesse, vacuité radieuse, va s’élever, et tu n’auras pas de mots …
Dans cet état, poindra une stabilité naturelle.
Ne tiens pas la stabilité pour quelque chose, mais sois spontané, naturel et libre.
Ne t’attache pas, ne rejette pas les créations mentales, mais s’il te plaît, demeure.
Lama Guèndun Rinpotché
Se situer au-delà de toutes les notions de sujet et d’objet, c’est la Vue Royale.
Non-agir, non-méditation, non-distraction, c’est la Méditation Royale.
Non-effort, non-rejet, non-adhésion, c’est l’Action Royale.
En dépassant tout espoir et toute peur, le fruit devient visible.
En transcendant tout point de référence, l’esprit n’existant pas, sa nature se révèle.
En ne parcourant ni Terres, ni Chemins, le fil de la Voie de l’Eveil est tenu.
En méditant sans objet de méditation, l’insurpassable Eveil est obtenu.
Lama Guèndun Rinpotché
L’univers inanimé et les êtres animés, tous les phénomènes sont ta propre apparence, apparence-esprit.
Apparaissant, néanmoins vide, vide, cependant manifeste.
Apparence, esprit : indifférenciés, semblables à une illusion, à un rêve, n’étant rien, pourtant capables d’apparaître, comme la lune sur l’eau.
Sachant cela, dénoue la vieille manie, qui tout saisit et pétrifie.
Ouvre-toi à l’état spontané, naturel, dans la fraîcheur de l’essence, intelligence naturelle.
Hormis cela, rien qui soit à penser, à méditer.
Sans penser, sans agir, sans méditer, sans t’agiter, reste simplement, posé, et ainsi, s’il te plaît, Médite.
Lama Guèndun Rinpotché
Par l’esprit, l’esprit ne peut être cherché.
L’esprit n’existe pas.
L’essence est vide, vide et illimitée, elle illumine toute chose.
Sois ce grand méditant qui pratique la non-méditation, non-distraction, dans la grande félicité où luminosité et vide ne sont plus deux.
Lama Guèndun Rinpotché
Hommage à Guèndun Rinpotché,
Hommage à vous, Détenteur du Sceptre Adamantin
Hommage à vous, Maître Insurpassable Yéshé Tcheupel plus connu sous le nom de Guèndun
Rinpotché
Hommage à vous qui sans distinction de race ou de sexe, d’êtres riches ou pauvres, importants
ou humbles, avez dispensé l’enseignement sans réserve
Hommage à vous en qui la confiance et la foi s’élevaient sans effort
Hommage à vous dont les enseignements ouvraient le cœur
Hommage à vous qui nous montriez l’éveil au creux de votre main
Hommage à vous, être unique aux qualités infinies
Hommage à vous, être au-delà des conventions
Hommage à vous que les préoccupations mondaines n’entachaient point
Hommage à vous qui avez versé le nectar des instructions profondes dans le réceptacle de vos
disciples
Hommage à vous dont l’amour, la compassion et la sagesse permettaient la confiance en
autrui
Hommage à vous qui acceptiez les autres tels quels et les entouriez de chaleur et d’amour
Hommage à vous capable d’amener la transformation en le courant intérieur des êtres
Hommage à vous qui étiez une source intarissable d’inspiration.
Aujourd’hui hélas, nous sommes parfois confrontés à des peurs, des inquiétudes, des
limitations qui pourraient entamer notre confiance, mais à la pensée du Maître Insurpassable,
la foi revient, la confiance perdue rejaillit du plus profond de notre être.
Parfois dans nos jours sombres, depuis que vous nous avez quittés, Maître Insurpassable, nous
sombrons dans la désolation, le doute nous envahit, la détresse nous submerge. A la pensée de
votre corps radieux, le voile se déchire dans la nuit de notre désolation et la lumière
chaleureuse de votre compassion pénètre notre cœur.
Lorsque dans nos tourments la déception apparaît, votre souvenir, Maître Insurpassable,
redonne courage et efface tous les maux.
De nos jours nous pouvons être confrontés à une espèce d’obscurantisme, à une certaine
crédulité, à de la superstition même ; Maître Insurpassable qui souhaitiez que l’Enseignement
soit accessible à tous, accordez-nous votre grâce afin que l’enseignement se répande de façon
pure.
Lorsque la confusion nous envahit et que nous sommes voilés par les vues fausses, Maître
Insurpassable, veuillez nous prendre dans votre compassion afin que notre esprit se libère de
toute partialité.
Lorsque le sectarisme se développe, notre esprit plonge dans un gouffre insondable, Maître
Insurpassable veuillez nous en sortir sans délai afin qu’un amour inconditionnel s’élève en
nous tous.
Lorsque la cupidité s’empare de notre esprit, nous devenons stupide, nous n’avons plus
aucune lucidité, Maître Insurpassable veuillez descendre en notre cœur afin de nous libérer de
cette maladie difficile à soigner.
Lorsque nous sommes attiré par les honneurs, et que le pouvoir que nous avons obtenu nous
réjouit, ne sommes-nous pas satisfait de nous-même, le démon ne nous a-t-il pas déjà vaincu ?
Maître Insurpassable veuillez détruire ce démon de la saisie du moi qui fait que l’éveil devient
inaccessible.
Lorsque nous errons par monts et par vaux, c’est pour nous fuir, c’est pour fuir les difficultés,
et pour ne pas faire face à l’essentiel nous nous échappons en vain, car nous sommes perdus
où que nous allions. Maître Insurpassable faites que ce poltron soit capable de reconnaître ce
rejet qui n’est qu’un déguisement de la saisie du soi.
Lorsque nous souhaitons être entouré, n’est-ce pas par peur, peur de la solitude, besoin de
soutien ? Maître Insurpassable veuillez nous accompagner toujours, car nous n’avons nul
autre besoin de compagnie si nous souhaitons gagner les rives de la libération. Faites que nous
puissions voir la nature même de la manifestation.
Si nous aspirons à être remarqué, n’est-ce pas pour nous sentir rassuré, n’est-ce pas pour
devenir important ? Puisque cette saisie ne cesse de nous détruire, Maître Insurpassable
veuillez nous prendre dans votre compassion, puissions-nous être capable de nous défaire de
ce mauvais ami.
Parfois, quand la lubie nous vient de créer quelque chose de nouveau, nous avons
l’impression que nous allons être utile, pourtant très vite l’idée d’être important prend
possession de notre esprit. Maître Insurpassable, veuillez nous bénir afin que nous soyons
toujours lucide dans nos actions et intentions et ne nous trompions pas nous-même ni les
autres.
Nous pouvons aussi penser que les enseignements de nos Maîtres sont dépassés ou désuets et
qu’il faut en inventer d’autres, pris par le démon de l’orgueil, notre esprit est ainsi tourmenté.
Maître Insurpassable veuillez toujours nous protéger de la saisie du moi qui jamais ne se
relâche.
Encore, lorsque nous voyons un obstacle, une erreur, la peur nous envahit et plutôt que de
nous exprimer, nous estimons plus confortable de rester silencieux, ainsi nous ne serons pas
soumis à la critique. Maître Insurpassable, veuillez nous donner le courage de l’amour et de la
compassion qui permet d’œuvrer au bien d’autrui.
Si l’idée surgit de vouloir rassembler, d’espérer obtenir de nombreux disciples, à nouveau
nous sommes détenu dans notre propre prison. Nous brandissons la bannière des mauvaises
intentions et aspirations. Maître Insurpassable veuillez nous libérer de cet esprit partisan qui
cause notre perte et celle de tous les êtres.
Lorsque nous voyons certains Maîtres parcourir le monde sans fin pour rassembler des foules,
nous ne comprenons pas toujours ce tapage et cette agitation. Ceux qui se disent représenter le
Bouddha ont-ils tant besoin de se montrer ou de s’exhiber en public comme des hommes de
spectacle, cela peut-il vraiment aider les êtres ? Maître Insurpassable veuillez nous bénir afin
que nous développions la vision pure envers ces Maîtres, puissions-nous continuer à pratiquer
dans les solitudes sans nous perdre dans la foule des préoccupations mondaines.
Pensant être un grand méditant, lorsque nous marchons nous ne voyons même plus le sol
tellement notre cou se dresse avec fierté. Maître insurpassable veuillez toujours nous guider
afin que nous restions humble.
Puissions-nous garder toujours en notre cœur vos précieuses instructions, Maître
Insurpassable Détenteur du Sceptre Adamantin. Puissions-nous les mener à terme pour le bien
de tous les êtres aussi illimités que l’espace.
Puisse l’anneau de la confiance être happé par le crochet de l’Eveil !
Puissent tous les voiles épais se déchirer et laisser briller la lumière naturelle et sans effort de
l’Eveil !
Puissent toutes les discordes et les dissensions de toutes directions s’évanouir et laisser place
à l’harmonie et à l’amour compassionné comme celui d’une mère pour son enfant !
Puissent tous ceux qui errent être libérés à jamais de toute souffrance !
Puissent tous les souhaits des Victorieux devenir manifestes !
Lama Tsultrim Gyamtso
La Voie de l’Esprit d’Éveil
L’Esprit d’Éveil est la traduction du Sanscrit ‘Boddhichitta’.
C’est une attitude d’esprit qui est orientée vers le bien d’autrui, fondée sur l’amour et la compassion. C’est un moyen extrêmement puissant pour éradiquer la saisie égoïste qui est la cause de notre errance dans le cycle interminable des douleurs.
C’est en prenant vraiment conscience des souffrances de tous les êtres que nous pouvons commencer à éprouver envers eux tous un amour et une compassion authentiques.
Cette prise de conscience se développe progressivement à partir de la reconnaissance de la souffrance par rapport à une personne qui nous est particulièrement proche, envers laquelle il nous est facile d’éprouver de tels sentiments. Progressivement cette conscience se développera envers tous les êtres sans distinction.
Le point de départ de l’Esprit d’Éveil c’est le souhait, l’aspiration de secourir, de venir en aide à autrui avec un amour et compassion inconditionnels.
Cela se développe progressivement, et il est important d’arriver à étendre cet amour et cette compassion à tous les êtres en nombre aussi vaste que l’espace est sans limite.
L’Esprit d’Éveil est un moyen indispensable, extrêmement puissant et particulièrement rapide pour réaliser l’Éveil, c’est à dire la libération de toutes les souffrances.
La pratique de l’Esprit d’Éveil permet de développer un immense potentiel positif, une grande ouverture, une grande détente, une grande joie et progressivement permettra de réaliser la nature vide de tous les phénomènes, la sagesse innée.
L’attitude altruiste et bienveillante d’amour et de compassion est comparée à la pierre philosophale ou l’élixir. Tout comme celle-ci a la capacité de transformer les métaux ordinaires en argent ou en or pur, l’Esprit de l’Éveil transforme toutes les activités et les situations de la vie ordinaire, en voie vers l’Éveil.
L’Esprit d’Éveil comprend deux aspects : l’un est relatif et l’autre ultime.
Le niveau relatif ou relationnel (conventionnel), consiste en le développement de l’amour et de la compassion à l’égard de tous les êtres.
Le niveau ultime se réfère à la réalisation de la nature fondamentalement vide de tous les phénomènes.
Au niveau relatif, l’Esprit d’Éveil a deux aspects :
– l’Esprit d’Éveil comme motivation ou aspiration.
– l’Esprit d’Éveil comme pratique ou application.
L’Esprit d’Éveil comme motivation consiste à souhaiter parvenir à l’Éveil pour le bien de tous les êtres. Sur la base de cette motivation, il est nécessaire de s’engager dans la pratique. Car la seule aspiration à aider autrui n’est pas suffisante, tout comme il ne suffit pas de souhaiter se rendre en un lieu pour y parvenir ; encore faut-il parcourir le chemin.
L’Esprit d’Éveil de mise en œuvre consiste en l’exercice ou l’entraînement dans les six perfections ou vertus transcendantes que sont : le don ou la générosité, la discipline ou l’éthique, la patience ou la constance, l’endurance ou la persévérance, la méditation ou l’absorption méditative et la connaissance transcendante ou la sagesse.
Au niveau ultime, l’Esprit d’Éveil est l’expérience de la nature pure de l’esprit ; c’est la réalisation de l’absence de soi, la réalisation de la nature de vacuité de tous les phénomènes. C’est la libération des trois cercles que sont le sujet, l’objet et l’action.
Instructions sur le Grand-Sceau par Nigouma
Ne fais jamais rien avec ton esprit, demeure dans un état naturel et authentique.
Ton propre esprit, qui ne vacille pas, est le Corps Absolu.
La clé est de méditer ainsi, sans vaciller, l’expérience est la grande réalité au-delà des extrêmes.
Sur l’océan translucide, des bulles apparaissent et disparaissent.
Il en va de même des pensées qui ne diffèrent en rien de la réalité ultime.
Ne te sens donc pas coupable, détends-toi.
Ce qui s’élève, ce qui se produit, ne cherche pas à t’en saisir, laisse-le immédiatement repartir.
Les apparences, les sons et les objets sont ton propre esprit, il n’existe rien hormis l’esprit.
L’esprit est au-delà des extrêmes de la naissance et de la mort.
La nature de l’esprit, la conscience transcendante, utilise les objets des cinq sens mais ne s’égare pas hors de la réalité.
Dans l’état d’équilibre de la sphère de réalité, il n’existe rien à abandonner ou pratiquer, ni méditation, ni après-méditation.
Maitripa dans ses Chants sur la vue, la méditation, l’action et le fruit
Le Dehors et le Dedans naissent simultanément.
Ce yoga non conceptuel est comme le flux d’une rivière.
Le seul endroit où chercher étant l’esprit, le chemin du Grand-Sceau est la non-activité de l’esprit.
Si tu ne nourris aucun espoir pour le fruit, c’est le Grand-Sceau.
Si tu ne nourris aucune pensée de non-pensée, les pensées sont comme les nuages dans le ciel.
Si tu comprends cela, leur nature est vide.
La vue, la méditation, l’action et le fruit sont inséparables et naissent simultanément.
Si tu réalises la non-dualité, c’est le fruit suprême, l’éveil.
L’accompli indien Savaripa dans son Recueil de chants sur les enseignements oraux du Grand-Sceau
Kye Ho !
La non-méditation est non-activité de l’esprit.
L’état naturel de l’esprit ordinaire est souillé par la concentration forcée.
Dans l’esprit naturellement pur, l’effort est inutile.
Quand tu ne t’empares pas de lui ou ne le laisses pas vagabonder, il se met de lui-même au repos.
Si tu ne comprends pas cela, il est inutile de méditer.
En comprenant cela tu transcendes le méditant et l’objet de la méditation.
Quand une pensée s’élève, vois simplement sa nature.
Ne conçois pas l’eau et les vagues comme deux choses différentes.
Dans le Grand-Sceau de la non-activité de l’esprit il n’existe même pas un atome sur lequel méditer.
Ne pas être séparé de la non-méditation est la méditation suprême.
Les trente-sept pratiques des Enfants des Vainqueurs
Les pratiques des fils des vainqueurs (tib : Gyelsé Laglèn), ont été composées par Gyelsé Thogmé Zangpo (rgyal sras thogs med bzang po : fils des Vainqueurs sans concept et pur), connu en Tibétain sous le nom du Précieux Ami de Bien Vertueux (dge bshes bsod-nams rin po che : 1295-1369, ). Il a composé le texte dans une grotte de Ngultchou (grotte des larmes) près de Sakya (la terre grise) dans le Sud-ouest du Tibet.
Le texte
Namo Lokeshvaraya
Sans cesse, en fervent hommage par le corps, le parole et l’esprit, nous nous inclinons devant les maîtres sublimes et le protecteur Avalokiteshvara qui tout en voyant que les choses sont sans allée ni venue œuvre seulement pour le bien des êtres.
Les parfaits Eveillés, source de tout bien et de tout bonheur, naissent de l’accomplissement de l’enseignement authentique. Comme ceci procède de la connaissance de son exercice, nous allons expliquer les pratiques des enfants des Vainqueurs.
Premier verset
Ayant désormais acquis ce vaisseau rare libre et fortuné, afin de nous libérer ainsi qu’autrui de l’océan de l’existence cyclique, écouter, réfléchir et méditer jour et nuit résolument, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Deuxième verset
Attaché à nos proches nous sommes remués comme de l’eau. Détestant nos ennemis nous nous embrasons comme du feu. Dans l’obscurité de la confusion nous en oublions ce que devons adopter et rejeter. Abandonner le pays de ses attaches, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Troisième verset
En évitant les objets néfastes, les émotions perturbatrices diminuent graduellement. Sans distraction, les activités vertueuses augmentent naturellement. Avec une clarté d’esprit, la conviction dans l’enseignement s’élève. S’en remettre à la solitude, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Quatrième verset
Les amis depuis longtemps unis sont amenés à se séparer. Les biens acquis à grand-peine seront abandonnés. La conscience, cette invitée, quittera la maison d’hôtes du corps. Renoncer à cette vie, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Cinquième verset
Lorsque nous restons en leur compagnie nos trois poisons augmentent, nos activités d’écoute, de réflexion et de méditation déclinent, et ils nous font perdre et l’amour et la compassion. Abandonner les mauvais amis, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Sixième verset
Quand nous nous appuyons sur lui nos fautent s’épuisent et nos bonnes qualités se développent comme la lune ascendante. Chérir l’Ami de Bien authentique plus encore que son propre corps, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Septième verset
Lui-même lié à la prison de l’existence cyclique, quel dieu du monde peut nous donner une protection ? Par conséquent, lorsque nous cherchons un soutien, se placer sous la protection des Trois Joyaux qui ne nous trompent pas, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Huitième verset
Le Vainqueur a enseigné que toutes les souffrances insupportables des mauvaises renaissances sont le fruit des actes nuisibles. Par conséquent, même au prix de notre vie, ne jamais commettre d’acte néfaste, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Neuvième verset
Comme la rosée sur la pointe d’un brin d’herbe, les plaisirs des trois mondes durent seulement un court moment et disparaissent. Aspirer à l’immuable et sublime libération, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Dixième verset
Lorsque nos mères [au travers du cycle des existences], qui nous ont aimé depuis des temps sans commencement, souffrent, à quoi sert notre propre bonheur ? Par conséquent, afin de libérer les êtres vivants sans limites, développer l’intention altruiste, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Onzième Verset
Toutes les souffrances proviennent de la volonté de bonheur égoïste. Les parfaits Eveillé apparaissent de la pensée d’aider les autres. Par conséquent échanger notre propre bonheur pour la souffrance des autres, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Douzième verset
Même si quelqu’un sous l’emprise d’une puissante avidité dérobe tous nos biens ou incite autrui à le faire, lui dédier notre corps, nos biens et notre vertu, passée, présente et avenir, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Treizième verset
Même si quelqu’un essaie de nous couper la tête lorsque nous n’avons pas fait le moindre mal, par compassion prendre tous les méfaits sur nous-mêmes, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Quatorzième verset
Même si certains répandent toutes sortes de remarques désagréables à notre propos au travers des trois mille mondes, en retour, l’esprit plein d’amour, louer ses qualités, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Quinzième verset
Si quelqu’un peut se moquer et dire de mauvaises paroles à propos de nous au sein d’une foule, le voyant comme un maître spirituel, lui rendre hommage avec respect, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Seizième verset
Même si une personne que nous avons prise en charge comme notre propre enfant nous regarde comme un ennemi, le chérir tout spécialement, comme une mère le fait pour son enfant frappé par la maladie, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Dix-septième verset
Si une personne égale ou inférieure nous dénigre par orgueil, le placer avec respect, comme nous le ferions avec notre maître spirituel, au sommet de notre tête, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Dix-huitième verset
Bien que nous soyons dans le dénuement et que nous soyons constamment méprisés, affligés par de graves maladies physiques ou mentales, sans découragement prendre sur nous les méfaits et la douleur de tous les êtres, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Dix-neuvième verset
Bien que nous soyons devenus célèbre et avons obtenu des possessions pareilles à celle du dieu des richesses, voyant que la fortune du monde est sans essence, être sans vanité, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Vingtième verset
Alors que l’ennemi de notre propre colère est insoumis, les ennemis extérieurs ne feront qu’augmenter. Par conséquent, avec les armées de l’amour et de la compassion, discipliner son propre esprit, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Vingt-unième verset
Les plaisirs sensuels sont comme de l’eau salée : plus nous en absorbons, plus la soif augmente. Abandonner immédiatement les objets qui suscitent le désir et l’attachement, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Vingt-deuxième verset
Toutes les apparences sont notre propre esprit. Notre esprit depuis l’origine est libre de toute élaboration. Reconnaître cela, sans concevoir les caractéristiques de sujet et d’objet (du connaisseur et de ce qui est connu), telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Vingt-troisième verset
Lorsque nous rencontrons des objets attrayants, bien qu’ils semblent beau comme un arc-en-ciel d’été, ne pas les considérer pas comme réel et renoncer à l’attachement, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Vingt-quatrième verset
Toutes les formes de souffrances sont comme la mort d’un enfant dans un rêve. Tenir apparences illusoires pour vraies nous épuise. Par conséquent, lorsque nous rencontrons des circonstances désagréables, les voir comme illusoire, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Vingt-cinquième verset
Lorsque ceux qui veulent l’éveil doivent même donner leur corps, aussi n’est-il pas nécessaire de mentionner les objets extérieurs. Par conséquent, sans espoir d’un retour ou de toute réalisation, donner généreusement, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Vingt-sixième verset
Sans éthique, nous ne pouvons pas accomplir notre propre bien. Aussi, vouloir accomplir celui d’autrui prête à rire. Par conséquent, sans aspirations mondaines protéger notre discipline éthique, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Vingt-septième verset
Pour les Détenteurs de l’esprit d’éveil qui désirent un trésor de vertus, tous ceux qui leur font du mal sont comme une précieuse richesse. Par conséquent, envers tous cultiver la patience sans hostilité, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Vingt-huitième verset
Voyant même les auditeurs et les réalisateurs solitaires, qui n’accomplissent pourtant que leur bien personnel, agir avec ardeur comme pour éteindre un feu sur leur tête, pour le bien de tous les êtres produire un effort enthousiaste, source de toutes les qualités, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Vingt-neuvième verset
Comprendre que les émotions perturbatrices sont détruites par la vision supérieure parfaitement unie au calme, cultiver la méditation qui dépasse les quatre absorptions sans formes, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Trentième verset
Puisque les cinq perfections sans sagesse ne permettent pas le parfait éveil, avec les moyens habiles cultiver la sagesse qui ne conçoit pas les trois sphères [comme réelles], telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Trente et unième verset
Si nous n’avons pas examiné nos propres erreurs, nous pouvons bien ressembler à un pratiquant, mais sans agir comme tel. Par conséquent, toujours examiner nos propres erreurs et se débarrasser d’elles, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Trente-deuxième verset
Si à cause de l’influence des émotions perturbatrices nous soulignons les fautes d’un autre Détenteur de l’esprit d’éveil, nous dégénèrerons, se garder de relever les défauts de ceux qui sont entrés dans le Grand Véhicule, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Trente-troisième verset
Le gain et le respect nous amène à nous quereller et fait décliner l’écoute, la réflexion et la méditation. Pour cette raison, renoncer à l’attachement au foyer de ses amis, aux relations et aux bienfaiteurs, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Trente-quatrième verset
Les mots durs dérangent l’esprit d’autrui et entraînent une détérioration de la conduite d’un Détenteur de l’esprit d’éveil. Par conséquent renoncer à un langage blessant désagréable pour autrui, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Trente-cinquième verset
L’accoutumance aux émotions perturbatrices rend difficile l’application de leurs remèdes. Armé des antidotes, gardiens de l’attention et de la vigilance, détruire les émotions perturbatrices, comme l’attachement et toutes autres perturbations dès qu’elles apparaissent, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Trente-sixième verset
En résumé, quelle que soit notre activité, conscient de notre état d’esprit, avec une attention constante et une vivacité d’esprit, accomplir le bien d’autrui, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
Trente-septième verset
Afin de supprimer la souffrance des êtres illimités, comprendre la pureté des trois sphères (sujet, objet et action), consacrer toutes vertus accomplies avec zèle à l’éveil, telle est la pratique des enfants des Vainqueurs.
En suivant les enseignements des Maître authentiques, j’ai composé ces trente-sept pratiques, sens des Enoncés, de Courants de Transmission et des Commentaires, pour ceux qui souhaitent s’appliquer à la voie des enfants des Vainqueurs.
Puisque mes connaissances sont faibles et mon intelligence inférieure, ma théorie ne pourra plaire aux érudits. Cependant, m’étant basé sur la parole des saints et sur leurs instructions, je pense que ces pratiques des enfants de Vainqueurs leur sont fidèles.
Toutefois, pour un être d’intelligence aussi faible que la mienne, il est difficile de mesurer la profondeur et l’ampleur de la conduite des enfants des Vainqueurs ; c’est pourquoi je sollicite l’indulgence des Maîtres authentiques pour les contradictions, les inconsistances et autres erreurs éventuelles.
Par la vertu de cette composition, puissent tous les êtres, au moyen du sublime esprit d’éveil relatif et ultime égaler le protecteur Avalokiteshvara (Celui dont les Yeux Embrasse le Monde), sans demeurer dans les extrêmes de l’existence et de la quiétude.
Sur le sens des Engagements Sacrés, Enseignement de Shamarpa Kunzig Rinpotché
Les samayas ou engagements (liens) sacrés sont essentiels parce qu’ils aident le pratiquant à s’abstenir de fautes qui nuiraient à sa pratique s’il s’y engageait, et donc s’opposeraient à ses progrès sur la voie.
Les Engagements Sacrés sont différentes selon le niveau spécifique d’enseignements auquel ils sont donnés. Les vœux donnés dans le cadre de l’École des Anciens (Theravada), la discipline éthique (vinaya), sont différents de ceux préconisés dans le Grand Véhicule (Mahayana). Les Engagements Sacrés du Grand Véhicule en général sont eux aussi différents de ceux de la pratique tantrique. Dans le Véhicule Adamantin (Vajrayana), les Engagements Sacrés diffèrent également selon leurs niveaux respectifs, Kriya (action), Charya (conduite), Yoga (union) et Annuttarayogatantra (union insurpassable).
Pour pratiquer la voie, qui implique différents Engagements Sacrés, il est nécessaire de s’en remettre à un Lama (Mère Insurpassable) qui doit être qualifié dans les domaines suivants :
– Être érudit dans les Véhicules des Énoncés (Soutrayana) et des Continuités de Transmission (Tantrayana) et excellent (compétent) dans l’enseignement.
– Être expérimenté dans la pratique de la méditation.
Ces deux qualités qui sont décrites dans de nombreuses Continuités de Transmission sont essentielles dans le Véhicule des Continuités de Transmission. Dans le Véhicule des Énoncés elles doivent également être réunies toutes les deux.
Un Lama (Mère Insurpassable) qui est érudit dans l’Enseignement de l’Éveil, mais qui manque d’expérience dans la méditation possède des capacités de niveau médiocre (moyen). Celui qui unit à la fois la connaissance de l’Enseignement de l’Éveil et l’expérience dans la méditation possède des capacités de niveau élevé. Pour juger des capacités d’un Maître (lama), nous pouvons distinctement juger ses connaissances et ses compétences dans l’enseignement grâce à notre formation de base. Mais la profondeur de son expérience dans la méditation ne peut pas être évaluée par d’autres.
D’autres critères concernant un Maître authentique, différents de ceux mentionnés ci-dessus ne sont pas fiables. Certains peuvent se proclamer émanation de Lumière Infinie (Amitabha), de Celui dont les Yeux Embrassent le Monde (Tchenrezig), de Gloire de Douceur (Manjusri) ou autres. Si ces personnes n’ont pas de bonnes qualifications en termes de connaissance de l’Enseignement de l’Éveil ni d’expérience dans la méditation, ils ne doivent pas être considérés comme des Lamas (Mères Insurpassables) authentiques.
En Occident, les gens sont facilement impressionnés par le charisme des maîtres et par certains comportements. A cause de cela, les personnes sont considérées comme de grands Lamas (Mères Insurpassables). En Orient, en particulier dans la société chinoise, les gens sont impressionnés par ceux qui parlent bien l’Anglais et par ceux qui se présentent comme une émanation d’une Déité-Lien-de-l’Esprit (yidam) ou d’un Détenteur-de-l’Esprit-d’Éveil (bodhisattva) spécifique. Si nous prenons en compte ces critères, il n’est pas sûr que nous rencontrions un Lama (Mère Insurpassable) qualifié. Nous pourrions avoir beaucoup de chance et rencontrer un Lama (Mère Insurpassable) authentique qui possède un charisme et une excellente qualification. Et même, nous pourrions avoir une chance encore plus grande et rencontrer une personne très charismatique qui est le Bouddha lui-même. Dans de nombreux cas, cependant, nous rencontrerons des Lamas (Mères Insurpassables) qui n’ont pas les qualités nécessaires.
Aujourd’hui, il y a de nombreux Maîtres de l’Enseignement-de-l’Éveil qui offrent des enseignements excellents à profusion. Malheureusement, en même temps, il existe des enseignants non qualifiés qui font mauvais usage de leur influence spirituelle. Par exemple, ils prétendent que si un élève effectue une certaine action qui est en désaccord avec l’enseignant, il va briser ses Engagements Sacrés. C’est souvent le cas chez les personnes qui ne possèdent pas les qualités nécessaires d’un maître spirituel, mais néanmoins se présentent comme des enseignants du Véhicule de Diamant (Vajrayana).
Le premier point des 14 erreurs majeures par lesquelles nous brisons nos Engagements Sacrés concerne un manque de respect envers le Maître. Un Maître non qualifié qui fait mauvais usage de sa position spirituelle peut présenter les 14 erreurs majeures comme une règle affirmant que si l’élève était en désaccord avec ce système, il renaîtrait dans les états d’existence inférieurs.
Il est donc nécessaire que nous ayons un Maître qui connaisse l’Enseignement-de-l’Éveil et qui soit capable de le présenter (l’enseigner, l’expliquer). Si nous ne rencontrons pas un tel maître et si nous nous en remettons uniquement à une personne non qualifiée, même si nous recevons mille initiations de cette personne, nous n’aurons pas besoin de nous inquiéter du risque de briser nos engagements sacrés, car nous n’aurons jamais reçu de [transmission] d’Engagements Sacrés au préalable. Cela a été souligné par le VIIIème Karmapa Mikyö Dorjé.
En ce qui concerne la participation à des Transmissions de pouvoir (Initiations) et des instructions particulières, il ne suffit pas d’être simplement présent pour en recevoir le plein bénéfice. Si l’élève n’est pas conscient de la signification profonde du contexte, il ne pourra pas véritablement comprendre la pleine signification du Véhicule de Diamant. Dans ce cas, il ne devrait pas se considérer comme un pratiquant authentique du Véhicule de Diamant avec les Engagements Sacrés qui lui sont liés. Si, toutefois, l’élève est conscient du sens profond du Véhicule Adamantin, la pratique implique de garder ses Engagements Sacrés, ce qui en soi est une indication qu’il est établi dans le Véhicule Adamantin et qu’il est qualifié pour faire cette pratique. Une bonne connaissance de l’Enseignement-de-l’Éveil est la base nécessaire pour la pratique du Véhicule de Diamant parce que cela nécessite d’être conscient de certaines erreurs à éviter. Le maintien délibéré des Engagements Sacrés grâce à nos connaissances apportera alors la protection de notre pratique et ainsi assurera les progrès sur le chemin.
Les quatorze erreurs principales qui suivent se rapportent à des actions qui endommagent totalement la pratique. Par conséquent, elles sont également nommées les quatorze chutes-racines. Celles-ci sont présentées selon l’Annuttarayogatantra, en particulier, la Continuité de Transmission de Celui-dont-les-Yeux-Embrassent-le-Monde rouge (Gyalwa Gyamtso).
Les quatorze erreurs par lesquelles nous brisons nos Engagements Sacrés du Véhicule de Diamant
སློབ་དཔོན་བརྙས་པ།
1. Nuire à (ou Mépriser ou blesser) son Maître. (Blesser physiquement ou verbalement notre Maître Adamantin ou entretenir des vues fausses à son sujet)
Le Maître Adamantin est ce Maître (lama) spécifique duquel le pratiquant reçoit des transmissions de pouvoir (initiations), des explications sur la pratique de la méditation du Véhicule de Diamant et des instructions essentielles relatives au sens véritable de cette pratique.
Ce qui suit concerne les explications quand nous rompons notre Engagement Sacré (Samaya) en nuisant au Maître Adamantin : Selon la pratique du Véhicule de Diamant, en particulier dans l’Annuttarayogatantra, le monde extérieur, y compris les êtres est transformé en un aspect pur. Le Maître (lama) est considéré comme le centre ou la Déité-Lien-de-l’Esprit principale divinité du Cercle Sacré (mandala). Nuire au Maître endommagera donc la principale Déité-Lien-de-l’Esprit (yidam), ce qui en plus affectera négativement le Cercle Sacré (mandala) restant.
L’Engagement Sacré est rompu lorsque les conditions suivantes sont réunies :
– nous sommes pleinement conscient qu’un Maître est notre Maître Adamantin et nous nuisons à cette personne (nous blessons, nous faisons du mal) consciemment physiquement ou verbalement.
– nous sommes conscient que nos actions vont déplaire au Maître Adamantin.
– nous ne ressentons aucun regret après avoir nui (blessé, fait du mal) au Maître Adamantin.
Si nous entretenons des vues erronées concernant le Maître et en outre, que nous avons l’intention de lui nuire sans le blesser physiquement ou verbalement, l’Engagement Sacré n’est pas complètement rompu, mais endommagé.
L’Engagement Sacré est considéré comme d’une petite, d’une moyenne ou d’une grande importance en fonction de la force de la relation de l’élève au Maître Adamantin. Parmi les trois aspects de la relation du Véhicule Adamantin (transmission de pouvoir, explications et instructions essentielles), si seule la transmission de pouvoir est reçue, l’Engagement Sacré sera d’un petit niveau. Si une combinaison de deux de ces trois aspects est reçue, l’Engagement Sacré sera d’un niveau moyen et si les trois aspects sont impliqués, l’Engagement Sacré est d’un niveau plus grand. En conséquence, un lien sacré rompu est classé en petit, moyen et grand.
བཀའ་ལས་འདས་པ།
2. Transgresser les enseignements de l’Eveillé. (S’opposer aux Enseignements du Bouddha)
Un pratiquant peut ne pas aimer certains enseignements du Bouddha.
Il est acceptable de ne pas tenir compte de ces enseignements qui ne semblent pas adaptés à un individu, cependant, l’Engagement Sacré du Véhicule Adamantin sera rompu si nous nous opposons à ces enseignements particuliers. Par exemple, s’opposer à la parole du Bouddha signifie calomnier certains parties de ses Enseignements comme insulter (injurier) le Theravada ou le Mahayana.
སྤུན་ལ་ཁྲོས་པ།
3. Être en colère (avoir de l’aversion) envers ses proches. (Avoir de fortes émotions négatives envers les autres êtres vivants)
Il s’agit de tendances négatives telles que la colère ou la jalousie que nous étendons généralement aux êtres vivants. Deuxièmement, l’Engagement Sacré est rompu si nous projetons de la colère contre ceux qui ont pris les vœux de la Requête de protection et de Détenteur de l’Esprit d’Éveil. Troisièmement, l’Engagement Sacré est rompu si la haine, la jalousie, etc. sont projetés vers ceux qui sont sur la Voie du Véhicule Adamantin, surtout quand nous appartenons à la même communauté spirituelle, le même Cercle Sacré (mandala) ou avons reçu des transmissions de pouvoir, des explications et des instructions essentielles ensemble.
Afin de purifier l’attachement (saisie) au monde extérieur, nous générons la notion que le monde reflète le pur Cercle Sacré (mandala) d’une Déité Lien de l’Esprit spécifique. Afin de purifier notre attachement (saisie) envers les êtres vivants nous les visualisons comme des Déités Liens de l’Esprit. Une relation sincère entre ces pratiquants qui partagent cette vision mutuelle est ainsi établie. Cette relation étroite est connue comme des frères et sœurs adamantins. Projeter des tendances négatives contre des frères et sœurs adamantins endommagerait ce lien et aurait une influence destructrice sur nos pratiques. Pour cette raison, nous devrions nous abstenir de la colère égoïste, la jalousie et, en général, de nous battre (bagarrer, disputer) les uns avec les autres.
བྱམས་པ་བཏང་པ།
4. Abandonner (ou renoncer) à l’amour bienveillant. (Abandonner l’attitude de la bonté aimante).
Après avoir généré l’attitude de l’Esprit d’Éveil, l’Engagement Sacré est rompu si l’attitude d’amour bienveillant et de compassion envers tous les êtres vivants est abandonnée. De plus, l’Engagement Sacré est rompu si une émotion négative soudaine conduit au rejet d’un individu, en l’excluant ainsi de notre souhait d’être bénéfique à tous les êtres vivants. Si nous ne regrettons pas cette attitude, cela contribue également à rompre l’Engagement Sacré.
རྟེན་ཀུན་ད་ལྟ་བུའི་བྱང་ཆུབ་ཀྱི་སེམས་ཉམས་པ།
5. Similairement user de la semence en endommageant l’esprit d’éveil (Se perdre dans son attachement à la félicité sexuelle et abandonner l’Esprit d’Éveil)
Dans la phase de développement du Véhicule Adamantin, le pratiquant s’identifie avec le corps de la Déité-Lien-de-l’Esprit. Il s’agit d’un moyen pour surmonter l’attachement (la saisie) au corps ordinaire. Le potentiel biologique de la naissance est l’éjaculation du Bindhu (semence, principe essentiel). Afin de surmonter les tendances habituelles relatives au Bindhu, la méditation du Véhicule Adamantin consiste à générer la syllabe germe d’une Déité-Lien-de-l’Esprit de laquelle la Déité-Lien-de-l’Esprit se manifeste alors.
Les techniques de méditation de pratiquants très avancés du Véhicule Adamantin impliquent l’excitation sexuelle comme une méthode. L’expérience méditative est accrue par la réalisation de l’inséparabilité de la félicité sexuelle et de la vacuité. Ce niveau de la pratique, cependant, n’est applicable que si l’attachement à l’excitation sexuelle est surmonté.
Les renonçants brisent leurs vœux de discipline éthique (vinaya) et les Liens Sacrés du Véhicule Adamantin s’ils utilisent ces techniques de façon incorrecte par attachement au plaisir sexuel. Les pratiquants vivant dans le monde brisent leur Lien Sacré du Véhicule Adamantin s’ils abusent de ces méthodes, se faisant passer pour un pratiquant ayant atteint ce niveau sans la pleine connaissance de leur application correcte.
རྙེད་བཀུར་འདོད་པས་གྲུབ་མཐའ་གཞན་ལ་སྨོད་པ།
6. Aspirer à dénigrer les autres écoles philosophiques en espérant les gains et les honneurs.
Une personne qui se prétend être un pratiquant du Véhicule Adamantin et critique d’autres traditions telles que le Theravada, le Mahayana, le christianisme ou l’hindouisme, possède souvent la motivation erronée de simplement attirer l’attention envers elle-même.
Critiquer le Soutrayana est particulièrement négatif parce que les Tantras sont basés sur les Soutras. Critiquer en particulier les enseignements de la Sagesse Transcendante (Prajnaparamita) et de la Voie du Milieu (Madhyamaka) est encore plus nuisible en ce qu’ils constituent l’essence même de la pratique des tantras. Ce comportement contribue donc à rompre les Liens Sacrés.
Si la critique est formulée avec une intention positive afin de clarifier les points de vue de chacun, elle est pleinement acceptée et n’a aucun rapport avec la rupture des Liens Sacrés.
མ་སྨིན་པའི་མི་ལ་གསང་བ་སྦྱིན་པ།
7. Transmettre des secrets aux êtres immatures. (Révéler des secrets à ceux qui ne sont pas mûrs spirituellement)
Si nous décrivons le sens de la grande félicité comme cela est enseigné dans le Véhicule Adamantin aux personnes qui ne possèdent pas le niveau d’étude requis, ils pourraient mal comprendre et utiliser incorrectement ces enseignements. Cela contribuera à rompre l’Engagement Sacré.
ཕུང་པོ་ཉོན་མོངས་པ།
8. Affliger les agrégats (physiques et mentaux). (Nuire au Corps Humain)
Le corps humain est le support de la pratique de l’Enseignement de l’Éveil, la base sur laquelle la réalisation des deux Corps d’Éveil est atteinte. En ce qui concerne le Véhicule Adamantin, le corps humain est considéré comme un outil (instrument, moyen) important sur la Voie. Par conséquent exposer le corps à des conditions extrêmes telles que la flagellation, la brûlure ou le détruire par le suicide, contribue à rompre l’Engagement Sacré.
En même temps, nous ne devons pas prendre l’extrême opposé en parant (ornant) notre corps et en le considérant comme plus important qu’il ne l’est.
དོན་དམ་བདེན་པར་སོམ་ཉི་ཟ་བ།
9. Avoir des doutes sur la vérité ultime.
Cela fait référence à une compréhension incomplète de la signification du Madhyamaka. Saisir seulement (Seulement s’attacher à) la vacuité sans la compréhension de la vérité relative contribue à rompre l’Engagement Sacré. Ce point implique également des doutes quant à savoir si les êtres peuvent atteindre l’état d’Éveil. En outre, cela comprend l’absence de confiance (la suspicion, le doute) dans la sagesse potentielle en l’esprit de tous les êtres. Cela se réfère également aux doutes sur l’état de l’esprit non-conceptuel et sur la sagesse parfaite d’un Bouddha.
བྱམས་པས་མི་འདུལ་བའི་གདུག་པ་ཅན་ལ་བྱམས་པར་བྱེད་པ།
10. Quand les méthodes aimantes ne peuvent transformer les mauvaises personnes mais user de douceur tout de même. (S’abstenir des actions employant la force lorsque cela est nécessaire)
Parfois, il n’est pas possible de surmonter les influences destructrices dues aux énergies négatives en appliquant des méthodes pacifiques (paisibles). Bien sûr, pour être bénéfique aux êtres, un esprit d’amour et de compassion devrait toujours être présent. Les activités requises pour réprimer toute situation particulière doivent être spécifiquement déterminées et les méthodes correspondantes appliquées. Les méthodes employant la force doivent être appliquées lorsque c’est le seul moyen d’empêcher les individus de commettre des actions négatives qui nuisent à eux-mêmes et aux autres. Si nous nous abstenons de l’activité employant la force quand cela est nécessaire, en particulier si nous avons la capacité d’agir de cette manière, cela qui contribue à rompre l’Engagement Sacré.
En prétendant être capable de surmonter les influences négatives et en utilisant ce point comme une excuse, nous effectuons certains rituels qui nuisent à autrui, et cela est une incompréhension totale et une utilisation incorrecte des moyens employant la force.
ཐ་སྙད་ལས་འདས་པའི་ཡུལ་ལ་སྒྲོ་བསྐུར་བྱེད་པ།
11. Agir avec exagération et dépréciation envers la définition de l’enseignement qui est au-delà des désignations conventionnelles. (Les doutes sur le sens des Choses-Telles-qu’Elles Sont)
Cela fait référence aux personnes qui sont incapables de comprendre la vraie nature des phénomènes et simplement conceptualisent la nature des phénomènes. Entretenir des doutes quant à la véritable nature de tous les phénomènes implique la rupture de l’Engagement Sacré.
དད་ལྡན་སེམས་ཅན་སུན་འབྱིན་པ།
12. Décourager les êtres qui ont la foi. (Amener les êtres sensibles pourvu de confiance au découragement)
Cela fait référence au fait d’irriter (d’agacer) les autres êtres dans notre propre intérêt, en particulier à gêner (à déranger) ou distraire les personnes qui pratiquent l’Enseignement de l’Éveil. A cause de la jalousie, injurier (insulter) des yogis (Pratiquants de l’Union au Réel) qui démontrent diverses pratiques non conventionnelles, contribue également à rompre l’Engagement Sacré.
སྤྱོད་པའི་དུས་ལ་ཐེ་ཚོམ་ཟ་ཞིང་སྤོང་བར་བྱེད་པ།
13. Abandonner les doutes au moment des pratiques. (S’abstenir de certains comportements lorsque cela est approprié).
Lors d’occasions spécifiques, le Maître du Véhicule Adamantin, qui doit être un Maître hautement qualifié, demandera que l’élève effectue certaines pratiques telles que manger secrètement les cinq types de viande, boire les cinq types de nectar et danser nu. Ceci est demandé afin de vérifier si les concepts conventionnels ont été abandonnés. Si, à cause de tendances morales, nous hésitons ou nous nous abstenons d’effectuer ces rituels, cela contribue à rompre l’Engagement Sacré.
བུད་མེད་ལ་སྨོད་པའི་བསྟིང་ཆིག་བརྗོད་པ།
14. Maltraiter ou dénigrer même une seule fois les femmes. (Maltraiter, abuser, ou exercer des sévices sexuels sur les femmes).
Dans le Véhicule Adamantin, les femmes sont considérées comme l’incarnation de la sagesse. Considérer les femmes comme des êtres inférieurs ou les maltraiter (en abuser), comme cela existe dans certaines cultures, contribue à rompre l’Engagement Sacré.
Rompre l’un ou plusieurs de ces quatorze points exige une purification dans un court délai (très rapidement). Le mieux est de purifier ce problème dans la journée. Parmi les diverses pratiques offertes, une méthode simple et efficace implique la méditation et la récitation du Détenteur-de-l’Esprit-Adamantin (Vajrasattva). Cette pratique consiste en l’écoulement de nectar dans tout le corps par lequel toutes les souillures et les engagements brisés seront purifiés. Pour des raisons conscientes et inconscientes nous brisons souvent les Liens Sacrés. Il est donc recommandé d’appliquer cette pratique au moins une fois ou deux fois par jour.
Les Engagements Sacrés (Samayas) du Véhicule Adamantin (Vajrayana)
Dans les tantras des écoles nouvelles (Sakyapa, Kagyupa, Guélougpa), on distingue d’abord les promesses liées aux cinq familles de bouddhas, puis on énumère généralement quatorze chutes concernant le samaya-racine et huit concernant les samayas secondaires.
I. Les promesses liées aux cinq familles
Six promesses liées à Vairocana : les trois refuges (Bouddha, Dharma, Sangha) et les trois éthiques (s’abstenir des actes négatifs, cultiver la vertu et faire le bien des êtres).
Quatre promesses liées à Aksobhya : adopter l’usage du vajra et de la cloche, se visualiser soi-même comme la déité et faire des offrandes au Lama.
Quatre promesses liées à Ratnasambhava : pratiquer les quatre générosités : le don, l’enseignement, la protection et l’amour.
Trois promesses liées à Amitàbha : respecter les tantras de l’action (Kriya) et de la conduite (Charya), respecter le Yogatantra et les tantras supérieurs (Anuttara), respecter les trois véhicules ; Sravakayana, Pratyekabouddhayana et Bodhisattvayana.
Deux promesses liées à Amoghasiddhi : faire des offrandes extérieures, intérieures et secrètes et se remémorer les promesses des cinq familles six fois par jour.
II. Les violations des samaya-racines
Tromper ou offenser le Lama (le rejeter, le blâmer, le critiquer).
Critiquer l’enseignement du Tathagata (le mettre en doute, ne pas respecter ses conseils).
Critiquer les frères et sœurs vajra et céder à la colère contre eux (si cela arrive, réparer rapidement).
Rejeter l’amour bienveillant à l’égard des êtres (être envieux, jaloux, souhaiter du mal).
Rejeter la bodhicitta d’aspiration et de mise en action.
Dénigrer sa propre école (Vajrayana) et celle d’autrui (les autres véhicules).
Révéler les secrets du Vajrayana aux profanes.
Mépriser les cinq agrégats et notamment le corps.
Rejeter la vacuité.
Fréquenter des êtres malveillants ou malfaisants (comme des amis qui détournent le pratiquant de sa voie).
Oublier la Vue du Vajrayana.
Détourner autrui de sa foi (mépriser la voie spirituelle des autres et les faire douter).
Ne pas se consacrer aux vœux des tantras, par exemple refuser les substances consacrées (lors d’une ganacakrapûja, refuser viande et alcool ou amrita ; même un moine, pour qui l’alcool est strictement prohibé, doit s’il est engagé dans le Vajrayàna, accepter symboliquement une goutte d’alcool dans la ganacakrapûja) ou ne pas utiliser les objets rituels (vajra, cloche, damarou) quand ils sont requis.
Mépriser les femmes : celles-ci sont de la nature de la sagesse (Sct. prajna) et doivent être considérées comme des dakini. La misogynie sous toutes ses formes est une chute grave dans le Vajrayana.
Dans le Kàlacakratantra, la liste des quatorze violations diffère quelque peu :
1. Perturber l’esprit du Lama par sa mauvaise conduite.
2. Ne pas suivre les conseils et injonctions du Lama.
3. et 4. Idem.
5. Prendre le plaisir ordinaire pour une cause d’Éveil et perdre sa bodhicitta blanche.
6. Faire une distinction entre la vacuité des soutras et celle des tantras en considérant la première comme inférieure.
7. , 8. et 9. Idem.
10. Ne garder ses vœux que par désir de renommée et d’honneur tout en agissant mal en secret.
11. Douter de l’immuable félicité et refuser sa réalité.
12. Parler des imperfections de purs pratiquants par jalousie.
13.et 14. Idem.
III. Les huit chutes secondaires
S’accaparer la sagesse, c’est-à-dire pratiquer avec une karmamoudra n’ayant pas les qualités requises (c’est-à-dire non initiée, qui ne respecte pas de vœux de samaya et n’a aucune expérience de la pratique).
S’accaparer le nectar, c’est-à-dire pratiquer l’union en oubliant de considérer le corps comme la déité, la parole comme le mantra et l’esprit comme l’expression de la sagesse.
Révéler les objets rituels, moudra et images sacrées à des personnes sans foi ou n’ayant pas eu de transmission de pouvoir.
Se quereller lors d’une ganacakrapûja.
Tromper ceux qui ont la foi, leur faire sciemment de mauvaises réponses.
Séjourner plus d’une semaine chez un sravaka, ce qui signifie en fait demeurer plus de sept jours chez quelqu’un d’hostile au Vajrayàna.
Se vanter d’accomplissements spirituels que l’on n’a pas, prétendre être un grand yogi.
Enseigner le Vajrayàna à ceux qui n’ont foi en lui.
IV. Les quatre samayas du Dzokchen
(Ces samayas peuvent également se rapporter au Mahamoudra)
Bien que présentant une méthode non tantrique, l’Atiyoga ou Dzogchen possède ses propres samayas. Ils pourraient se résumer à un seul, ne pas se laisser distraire de l’état naturel de rigpa, la présence éveillée. Mais, généralement, les tantras du Dzogchen en énumèrent quatre, relatifs au maintien de la Vue du Dzogchen. Ces quatre points sont moins des voeux que des rappels de la Vue qui doivent demeurer à l’esprit du pratiquant dans toute situation. Ils sont détaillés par Longchenpa dans le gNas-lugs mdzod.
L’inexistence (Tib. med-pa) signifie que les phénomènes échappent aux extrêmes du néant et de l’être. Ainsi, les phénomènes apparaissent, bien que dépourvus de nature réellement existante (Tib. snang-yang rang-bzhin med-pa).
L’ouverture (Tib. phyal-ba) est le rappel de la dimension spacieuse, sans limites ni centre de l’espace de la réalité, le dharmadhàtu, où tout se manifeste sans la moindre restriction. Rigpa, au-delà des limites de l’esprit ordinaire, est l’espace du dharmakaya où tout s’exprime et se libère sans objet.
La présence spontanée (Tib. Ihun-grub) est précisément la capacité qu’a cet espace libre de rigpa de servir de base et de source au déploiement de tous les phénomènes divers du samsara et du nirvana.
L’unicité (Tib. gcig-pu) est la récapitulation de tous les phénomènes multiples déployés au sein de la sphère unique (Tib. thig-le nyag-gcig) de rigpa. Jamais ils n’en sont sortis, simples émergences qui retournent ultimement à leur base pour s’y redissoudre.
Cf. Dictionnaire encyclopédique du Bouddhisme de Philippe Cornu, Éd du Seuil
Les méfaits du tabac
Enseignement du Seigneur du Refuge Dudjom Rinpoché
Il est remarquable que la civilisation tibétaine qui adhère à la Voie du Bouddha, semble la seule à avoir
toujours considéré l’usage du tabac et des drogues non seulement comme nocif pour la santé, mais comme source d’obstacles majeurs au développement spirituel.
Dans ce texte, Kyabjé Dudjom Rinpoché raconte l’histoire de ces substances et en commente les défauts. Il a rassemblé les principales déclarations de Gourou Padmasambava à ce sujet, prédictions révélées dans les termas (trésors révélés) tout au long de l’histoire tibétaine par de grands terteuns (découvreur de trésor caché comme Machik Lapdreun (1031-1129), Rigdzin Godem (1307-1408), Sangyé Lingpa (1340-1396), Ratna Lingpa (1403-1478), Dudul Dordjé (le 13ème Karmapa ? : 1733-1797), Longsel Nyingpo (1615-1672), Drodul Lingpa (XVIIe s.) et Thegtchog Dordjé (14ème Karmapa : 1798-1868).
Om svasti !
Ayant rendu hommage avec un profond respect au Grand d’Oddiyana, Corps de sagesse des Bouddhas et des Bodhisattvas, et union de toutes les familles de Bouddhas, je vais raconter ici l’histoire des drogues.
Autrefois, environ cent ans après le grand parinirvâna du Bouddha, il y avait en Chine une femme de la classe des démons, rendue folle par le désir passionnel, qui proféra ces paroles au moment de mourir : « Je souhaite que mon corps devienne le support qui entraînera une multitude d’êtres de ce monde dans les royaumes inférieurs ! Enterrez mon corps intact et, dans quelques temps, de mes entrailles, naîtra une fleur différente de toutes les autres. Le seul fait d’en sentir l’odeur conduira les êtres à s’enivrer d’une félicité et d’une joie incomparables, de loin supérieures au plaisir sexuel. Cette plante se répandra jusqu’à ce que tous les êtres soient esclaves des plaisirs qu’elle procure ! »
Il est évident qu’à présent, ses vœux se sont accomplis. Les substances telles que l’opium et assimilées que l’on absorbe par la bouche, le nez ou que l’on fume, non seulement ne possèdent aucunement la qualité d’apaiser la faim ou la soif, mais leur goût, pas même sucré, est loin d’être délicieux. Nocives pour le corps, la force et l’énergie vitale, elles causent par ailleurs des maladies respiratoires, circulatoires, flegmatiques et pulmonaires. De nos jours, presque tous les êtres, soient-ils riches ou pauvres, éprouvent une attirance irrésistible pour ces substances qui les pousse à les consommer de façon continue et incontrôlée. Voilà bien la preuve que les fruits de la prière de l’ogresse ont mûris.
On peut lire dans le terma du Souverain de l’Enseignement de Vérité (Dharma), Ratna Lingpa : Alors que le grand Maître Padmasambava liait par serment les neuf frères briseurs de samaya (promesse sacrée) le cadet déclara : « Mes frères, ne vous désespérez pas, écoutez-moi plutôt ! Je me manifesterai en Chine sous la forme du tabac; le nom de ce poison sera Venin Noir. Il poussera d’abord dans les régions limitrophes du Tibet et s’introduira ensuite progressivement au Tibet central. On trouvera la chose agréable, on la consommera et il s’en suivra un accroissement notable des cinq poisons grossiers. Au mépris des dix actions vertueuses, on préférera les dix actions néfastes. La vie des grands êtres détenteurs de la doctrine se fera précaire et ils partiront pour les Terres de Bouddha. En pénétrant la terre, la fumée de ce poison anéantira cent mille cités de nâgas. La pluie ne tombera plus ; les moissons et les troupeaux ne seront plus prospères; il y aura des troubles civils, des épidémies et des catastrophes de toutes sortes. La fumée montera au ciel et détruira la demeure des dieux, convoquant les éclipses et les comètes inopportunes. Les fluides essentiels et les canaux subtils des fumeurs se dessécheront et les quatre cent quatre maladies surgiront. Quiconque fumera renaîtra dans les mondes inférieurs; enfumer les autres produits le même résultat que si l’on arrachait le cœur de six millions d’êtres ! »
Dans le terma de Sangyé Lingpa (Détenteur Eveillé de Ling) : « Dans cet âge décadent les gens se livreront à diverses activités malsaines : en particulier, au lieu de consommer de bonnes choses savoureuses, les hommes consommeront les pires substances, à la fois toxiques et malodorantes. Cessant toute autre activité, ils consommeront ces poisons avec frénésie. Ils cracheront et leur nez coulera de façon incontrôlable ; leur santé et leur teint se flétriront. »
Dans le terma découvert par Rigzin Godem se trouve cette prédiction : « À l’âge final et décadent, les gens absorberont de la vomissure empoisonnée, nourriture de Gandharvas (mangeur d’odeur). Le simple fait d’en respirer conduira à l’enfer Avici (tourments insurpassables) En conséquence, renoncez-y dès à présent ! »
D’après les prédictions découvertes par Dudul Dordjé (Diamant qui subjugue les démons) : « Les moines et les nonnes prendront plaisir à respirer la fumée de ces plantes et à priser leurs poudres ; le pays sera ainsi envahi par des briseurs de samaya. La frénésie insatiable de leurs passions prouvera qu’ils sont les jouets de Mara (le démon de la saisie du soi) les larmes incontrôlables qui couleront de leurs yeux prouveront que leurs mérites sont épuisés. »
Longsel a révélé la prédiction suivante : « L’époque où les gens fumeront ces substances maudites est aussi l’époque où les bons amis s’empoisonneront mutuellement. »
Dans les révélations retrouvées (tib. : gter ma : trésor caché) par Thegtchog Dordjé (Sublime Véhicule
Adamantin), on peut lire : « Du fait des cinq poisons grossiers, les passions, les haines, les troubles, les querelles et les chagrins des êtres flamboieront comme un brasier d’enfer. Les dix vertus abandonnées, les dix actions néfastes feront rage, telle une tempête. On négligera les actions saines et les pratiques perverses se propageront. En cet âge sombre, les dieux protecteurs disparaîtront à mesure que les démons s’empareront du pouvoir. Les hommes avaleront la fumée du tabac, les canaux subtils de la sagesse discriminante s’en trouveront bouchés, l’agitation et les émotions obscurcissantes ne pourront qu’aller en s’intensifiant. L’occlusion du canal central aura pour conséquence directe l’opacification de la clarté limpide de la conscience éveillée. L’épuisement du mérite collectif entraînera des troubles dans le monde entier; les objets religieux, réceptacles des bénédictions, se détérioreront; ce sera le règne des vues erronées et des fausses religions. Les divinités protectrices se détourneront des êtres pour ne regarder que le Mont Mérou. Des étrangers envahiront le Tibet central et ses habitants seront contraints d’errer dans les pays limitrophes. Les doctrines de Mara se répandront en tout lieu et la terre deviendra un véritable enfer. »
Drodul Lingpa (Détenteur de Ling qui Subjugue ceux qui errent) découvrit la prédiction suivante : « Le seul fait de respirer l’odeur des plantes, herbes ou feuilles issues de la goutte de sang de l’ogresse mènera droit à l’enfer du Vajra (immuable). »
Selon les prédictions de Machik Lapdreun (Mère Unique Flambeau de Lap) : « La fin des temps sera une époque de conflits; les gens porteront à leur bouche une substance chargée des cinq poisons. Celle-ci viendra de Chine, se répandra en Mongolie et sera consommée par les habitants du Tibet aussi. Il en résultera des chutes de pluie irrégulières, de grands gels et des tempêtes de grêle dans le monde entier. Si des méditants absorbent ces substances, ils pourront bien pratiquer pendant des siècles, ils ne réaliseront pas la déité. Dans les vies futures, ils erreront sans fin dans les royaumes inférieurs: même la compassion des Trois Joyaux’ ne pourra les protéger. »
Il est donc fait référence au tabac et aux drogues dans de nombreuses prédictions. L’usage de toutes ces substances se trouve particulièrement condamné dans de nombreux écrits de sages accomplis, appartenant aussi bien à l’Ancienne Traduction qu’à la Nouvelle. Les paroles adamantines d’Orgyen Rinpotché ne trompent jamais. N’ayez donc pas l’hypocrisie de demander : « Comment peut-il y avoir autant de défauts dans le fait de fumer une plante, naturelle ? » L’aconit aussi est une plante naturelle : en absorber, ne serait-ce qu’une toute petite quantité, provoque la mort physique. Alors, pourquoi le fruit des vœux pervers d’une démone ne provoquerait-il pas la mort spirituelle ? Les personnes avisées se rendront donc un immense service en renonçant complètement à ces substances.
Puisse le fidèle et le sage qui éviteront le chemin qui se termine par un précipice, cueillir la bonne fortune de trouver le bien-être dans l’heureux jardin de la libération !
Il est vertueux qu’à la requête de Serta Jigmé du Golok, Vajra Jnana ait écrit ce petit texte.
Édition Padmakara – Laugeral – 24290 Saint – Léon sur Vézère – France.
Les méfaits du tabac
༄༅། །ཟས་ངན་ཐ་མ་ཁའི་ཉེས་དམིགས་མདོར་བསྡུས།
།ལོག་ལམ་གཡང་ལས་འབྱོལ་བའི་ལོང་ཁྲིད་ཅེས་བྱ་བ་བཞུགས་སོ། །
Brève exposition des méfaits du tabac, substance malsaine. Guide pour éviter de tomber dans l’abîme des voies erronées.
༄༅། །ཨོཾ་སྭསྟི། །ཟས་ཆེ་རྒྱལ་བའི་ཡེ་ཤེས་སྐུ། །རིག་འདུས་ཨོ་རྒྱན་ཆེན་པོ་ལ། །གུས་པས་མཆོག་གིས་ཉེར་བཅུད་ནས། །ཐ་མ་ཁ་ཡི་ལོ་རྒྱུས་འཆད། །དེའང་སྔོན་སངས་རྒྱས་མྱ་ངན་ལས་འདས་ནས་ལོ་བརྒྱ་ཙམ་སོང་བ་ན་རྒྱ་ནག་པོའི་ཡུལ་དུ་བདུད་རིགས་ཀྱི་བུད་མེད་གཅིག་སེམས་འདོད་ཆགས་ཀྱིས་མྱོས་ཏེ་འཆི་བར་ཉེ་བ་ན་འདི་སྐད་དུ། །ངའི་ལུས་རྟེན་འདིས་འཛམ་གླིང་སེམས་ཅན་ཕལ་ཆེར་ངན་སོང་དུ་འཁྲིད་ནུས་པའི་སྨོན་ལམ་ཐེབས་ཡོད་པས། །ངའི་ཕུང་པོ་འདི་མ་སྨས་པར་སྤས་ནས་ཞོག་དང་། །ཇི་ཞིག་ན་མངལ་གྱི་ནང་ནས་མེ་ཏོག་གཞན་དང་མི་འདྲ་བ་ཞིག་སྐྱེས་ནས་འོང་། །དེའི་དྲི་ཙམ་ཚོར་བས་ཀྱང་ལུས་སེམས་ལ་དགའ་བདེ་བསམ་གྱིས་མི་ཁྱབ་པ་ཕོ་མོ་འཁྲིག་པ་སྤྱོད་པ་ལས་ལྷག་པའི་བདེ་བས་མྱོས་པ་འོང་། །དེ་ཉིད་མང་དུ་འཕེལ་བས་མཐར་འཛམ་གླིང་སྐྱེ་བོ་ཕལ་ཆེར་གྱིས་དབང་མེད་དུ་ལོངས་སྤྱོད་པ་འབྱུང་ཞེས་སྨྲས་པ་བཞིན་བྱུང་བ་དེང་སང་གཡའ་ཕིང་དུ་གྲགས་པ་འདི་དང་།
OṂ SVASTI. Au grand Corps de Sagesse Primordiale du Victorieux, au Grand Maître d’Orgyen, quintessence de la conscience, avec respect je m’adresse suprêmement, et explique l’histoire du tabac.
Ainsi, environ cent ans après que l’Éveillé eût transcendé la souffrance, dans le pays de Chine, une femme de lignée démoniaque, l’esprit enivré de désir, alors qu’elle était près de mourir, dit ceci : « Puisque mon corps peut conduire la plupart des êtres du monde vers les états d’existence inférieurs par la force de mon aspiration, conservez mon corps sans le blesser et préservez-le. Après un certain temps, de mon sein naîtra une fleur différente des autres. Rien qu’en sentant son parfum, corps et esprit connaîtront une joie et un plaisir inconcevables, une ivresse de félicité supérieure même à celle de l’union sexuelle entre homme et femme. Par sa prolifération excessive, à la fin presque tous les êtres du monde en consommeront irrésistiblement », ainsi dit-elle, et cela se produisit exactement comme prédit, ce qui est aujourd’hui connu sous le nom de tabac.
Notes :
Ce passage présente l’origine mythologique du tabac, issu d’une aspiration négative d’une entité démoniaque.
Le récit établit le lien entre le tabac et sa nature addictive, présentée comme partie intégrante d’un plan malveillant.
Le texte suggère que la plante du tabac est née du corps d’une femme démoniaque après sa mort.
དེ་དང་ཆ་འདྲ་བའི་ཁ་སྣའི་དུ་བ་འདི་རྣམས་ལ་བཀྲེས་སྐོམ་སེལ་ཞིང་རོ་ནུས་ཞིམ་མངར་དང་གཟུགས་སྟོབས་འཚོ་ཁམས་སོགས་ལ་ཕན་པའི་ཡོན་ཏན་སྣ་གཅིག་མེད་པའི་སྟེང་དུ་རླང་ཁྲག་བད་ཀན་གློ་ནང་སོགས་བསྐྱེད་པ་མངོན་སུམ་དུ་ཐུན་སྣང་དུ་གྲུབ་བཞིན་པ་ཡིན་ནའང་། །དེང་སང་སྐྱེ་བོ་མཆོག་ཕལ་ཐམས་ཅད་འདི་ལ་དགའ་གདུང་དབང་མེད་དུ་སྐྱེ་ཞིང་ནམ་ཡང་ངོམས་མེད་ལོངས་སུ་སྤྱོད་པ་ནི་བདུད་མོའི་སྨོན་ལམ་གྱི་འབྲས་བུ་དུས་སུ་སྨིན་པར་ངེས་པའི་ཚུལ། །ཆོས་རྒྱལ་རཏྣ་གླིང་པའི་གཏེར་ལུང་ལས།
Cette fumée inhalée par la bouche et le nez ne possède absolument aucune qualité bénéfique – elle n’apaise ni la faim ni la soif, n’offre ni goût agréable ni énergie, ni saveur douce, ne renforce ni le corps ni la santé. Au contraire, il est clairement établi par l’expérience commune qu’elle provoque des troubles des souffles, du sang, de la lymphe et des poumons. Malgré cela, de nos jours, tous les êtres, supérieurs et ordinaires, développent un attachement incontrôlable pour cela, et le consomment insatiablement. Ceci est certainement le fruit de l’aspiration de la démone qui a mûri en son temps. Ainsi est-il dit dans la prophétie-trésor du Roi de l’Enseignement Ratna Lingpa.
Notes :
- Ce passage décrit les effets néfastes du tabac sur la santé et souligne l’addiction qu’il crée.
- Il fait référence à la légende d’origine du tabac mentionnée précédemment (l’aspiration néfaste de la démone).
- Ratna Lingpa était un important découvreur de trésors spirituels (terton) du 15ème siècle.
།སློབ་དཔོན་ཆེན་པོ་པདྨ་འབྱུང་གནས་ཀྱིས༔ །དམ་སྲི་སྤུན་དགུ་དམ་ལ་བཞག་པའི་ཚེ༔ །སྤུན་དགུའི་ཐ་ཆུང་ཉིད་ཀྱིས་འདི་སྨྲས་སོ༔ །སྤུན་རྣམས་མྱ་ངན་མ་བྱེད་གཏམ་ལ་ཉོན༔ །ང་ནི་རྒྱ་ཡུལ་ཐ་མ་ཁ་རུ་སྤྲུལ༔ །དུག་གི་མིང་ནི་ཧ་ལ་ནག་པོ་ཟེར༔ །བོད་ཀྱི་མཐའ་ཁོབ་རྣམས་སུ་སྐྱེས་ནས་ཡོང༔ མཐའ་མེ་རྣམས་ཀྱིས་དབུས་སུ་ཁྱེར་ནས་ཡོང་༔ བོད་འབངས་བདེ་སྐྱིད་ལོངས་སྤྱོད་དེ་ལ་བྱེད༔ དེ་ཡི་སྟོབས་ཀྱིས་དུག་ལྔ་རགས་ཤིང་རྒྱས༔ དགེ་བཅུ་སྤངས་ནས་མི་དགེ་བཅུ་ལ་སྤྱོད༔ བསྟན་འཛིན་སྐུ་ཚེ་མི་བརྟན་ཞིང་དུག་ཤེགས༔ དུག་གི་དུ་བ་ས་ཡི་འོག་ཏུ་སོང་༔ ཀླུ་ཡི་གྲོང་ཁྱེར་ཆེན་པོ་འབུམ་ཚོ་འཇིག༔ ཆར་ཆུ་མི་འབེབས་ལོ་ཕྱུགས་མི་ལེགས་ཤིང༔ ནང་འཁྲུགས་རིམས་ངན་མི་འདོད་སྣ་ཚོགས་འབྱུང་༔ དུག་གི་དུ་བ་ནམ་མཁའི་མཐོངས་སུ་སོང་༔ དེ་ཡི་སྟོབས་ཀྱིས་ལྷ་ཡི་གྲོང་ཁྱེར་འཇིག༔ གཟའ་འཛིན་དུས་ལོག་སྐར་མ་རྟགས་ཅན་འཆར༔ འཐུང་བའི་མི་རྣམས་ཀྱི་བྱང་ཆུབ་སེམས་རྩ་སྐམ༔ བཞི་བརྒྱ་རྩ་བཞིའི་ནད་རྣམས་ལྡང་བར་བྱེད༔ འཐུང་བས་ཤི་ཚད་ངན་སོང་གསུམ་དུ་སྐྱེ༔ ཁ་རླངས་ཕོག་ཚད་དྲི་ཡིས་ཚོར་ཚད་ཀྱང་༔ སྐྱེ་བོ་འབུམ་ཕྲག་དྲུག་ཅུའི་སྙིང་འབྱིན་མཚུངས༔ །ཞེས་དང་།
Le grand maître Padmasambhava, lorsqu’il soumit les neuf frères dam sri au serment, le plus jeune des neuf frères dit ceci : « Frères, ne soyez pas affligés, écoutez mes paroles. Je me transformerai en tabac dans le pays de Chine. Le nom de ce poison est Hala Nakpo. Je naîtrai dans les régions frontalières du Tibet. Les habitants des frontières l’apporteront au centre. Les Tibétains y placeront leur bonheur et leurs plaisirs. Par sa force, les cinq poisons s’intensifieront et se développeront. Abandonnant les dix vertus, ils s’adonneront aux dix non-vertus. La vie des détenteurs des enseignements deviendra instable et le poison se propagera. La fumée empoisonnée descendra sous terre. Elle détruira les cent mille grandes cités des nagas. La pluie ne tombera plus, les récoltes et le bétail dépériront. Conflits internes, épidémies et diverses calamités indésirables surviendront. La fumée empoisonnée s’élèvera dans l’étendue céleste. Par sa force, elle détruira les cités des êtres célestes. Les éclipses, les perturbations temporelles et les comètes apparaîtront. Chez les humains qui en consomment, les canaux de l’esprit d’éveil se dessècheront. Elle provoquera le surgissement des quatre cent quatre maladies. Tous ceux qui meurent après en avoir consommé renaîtront dans les trois états d’existence inférieurs. Tous ceux qui sont touchés par son souffle ou qui sentent son odeur connaîtront l’équivalent de l’arrachement du cœur de six millions d’êtres. » Ainsi fut-il dit.
Notes :
Les « dam sri » sont des entités maléfiques que Padmasambhava aurait soumises par serment.
« Hala Nakpo » signifie « poison noir ».
Les « cinq poisons » font référence aux cinq émotions perturbatrices principales.
Les « dix vertus » et « dix non-vertus » désignent les dix actions positives et négatives selon les enseignements.
Les « nagas » (lu) sont des êtres serpentins associés aux eaux et aux richesses souterraines.
Les « quatre cent quatre maladies » représentent la totalité des affections possibles dans la médecine traditionnelle.
Les « trois états d’existence inférieurs » désignent les renaissances comme animal, esprit affamé ou être des états infernaux.
།སངས་རྒྱས་གླིང་པའི་གཏེར་ལུང་ལས། །སྙིགས་མའི་དུས་འདིར་སྤྱོད་ངན་སྣ་ཚོགས་བྱེད༔ ཁྱད་པར་ཁ་ཟས་རོ་ལྡན་མི་བརྟེན་པར༔ མཐའ་ཟས་དྲི་ངན་དུག་ཅན་ཟས་སུ་སྤྱོད༔ ནམ་ཡང་ངོམས་པ་མེད་སྲེད་པ་ཆེས་ཆེར་འཕེལ༔ བྱ་བའི་འཕྲོ་བསྒྱུར་དུག་ལ་དམར་འཇུས་བྱེད༔ ཁ་ཆུ་སྣ་ཆུ་མི་ཐུབ་བཀྲག་མདངས་ཉམས༔ ཞེས་དང་། རྒོད་ལྡེམ་ལུང་བསྟན་དུ། དུས་ངན་ཐ་མར་དྲི་ཟའི་ཟས༔ ཧ་སྐྱུགས་ངན་པ་ཟས་སུ་ཟ༔ དྲི་ཚོར་ཙམ་གྱིས་མནར་མེད་འཕོ༔ དེ་ཕྱིར་ད་ལྟ་སྤང་བ་གཅེས༔ ཞེས་དང་།
De la prophétie-trésor de Sangye Lingpa : « En cette ère dégénérée, diverses mauvaises conduites sont pratiquées. En particulier, au lieu de s’appuyer sur des aliments savoureux pour la bouche, on consomme comme nourriture des substances frontières à l’odeur nauséabonde et empoisonnée. Jamais rassasiés, le désir s’accroît considérablement. Interrompant les activités, on s’accroche désespérément au poison. Incapable de contrôler la salive et le mucus nasal, l’éclat et le teint se détériorent. » Ainsi est-il dit.
Dans la prophétie de Gödem : « Dans les derniers temps de cette ère dégénérée, la nourriture des gandharvas, ce vomissement ignoble sera consommé comme aliment. Rien qu’en sentant son odeur, on sera transporté dans les tourments sans répit. Par conséquent, il est crucial de l’abandonner maintenant. » Ainsi est-il dit.
Notes :
Sangye Lingpa est un célèbre découvreur de trésors spirituels (terton) du 14ème siècle.
Gödlem fait référence à un autre maître ou à un texte prophétique.
Les « gandharvas » (driза) sont des êtres célestes qui se nourrissent d’odeurs.
« Les tourments sans répit » (narme) font référence aux états infernaux les plus intenses.
Le texte présente le tabac comme une substance particulièrement nocive qui détourne les êtres de la nourriture naturelle et bénéfique.
བདུད་འདུལ་གཏེར་ལུང་ལས། སྔོ་དེའི་དུ་བ་ཁ་རུ་སོང་༔ ཕྱེ་མ་སྣ་རུ་བླུགས་པ་ཡིས༔ བན་བཙུན་ཕོ་མོ་དེ་ལ་འདུས༔ དམ་ཉམས་ཚོགས་ཀྱིས་ལུང་པ་ཁེངས༔ བདུད་ཀྱིས་བསླུས་པའི་རྟགས་སུ་ནི༔ འདོད་ཆགས་སེམས་ནི་ཡང་ཡང་སྐྱེ༔ བསོད་ནམས་ཟད་པའི་རྟགས་སུ་ནི༔ མིག་ནས་མཆི་མ་དབང་མེད་འཆོར༔ ཞེས་དང་། ཀློང་གསལ་ལུང་བྱང་དུ། ཟས་ངན་དུ་བ་ཁ་ལ་སྤྱོད་པའི་དུས༔ ལོག་ལྟ་གྲོགས་པོས་ཟས་ཀྱིས་འཁུམ་པ་འབྱུང་༔ ཞེས་དང།
De la prophétie-trésor de Düdul : « La fumée de cette herbe entre dans la bouche, sa poudre est versée dans le nez, hommes et femmes, pratiquants et pratiquantes s’y rassemblent. Les vallées se remplissent de groupes qui ont enfreint leurs engagements. Comme signe qu’ils sont trompés par le démon, le désir surgit répétitivement dans leur esprit. Comme signe que leurs mérites sont épuisés, des larmes coulent involontairement de leurs yeux. » Ainsi est-il dit.
Dans la prophétie de Klongsal : « Au temps où l’on utilise la fumée malsaine dans la bouche, on s’affaiblit à cause de la nourriture des amis aux vues erronées. » Ainsi est-il dit.
Notes :
- « Düdul » fait référence à un maître dompteur de démons ou à une collection de textes sur ce thème.
- « Klongsal » est le nom d’un texte ou d’un maître associé à la tradition de la Grande Perfection (Dzogchen).
- Le texte décrit les effets physiologiques et psychologiques négatifs du tabac, ainsi que ses conséquences sociales.
- La mention de « poudre versée dans le nez » fait probablement référence au tabac à priser.
- Le texte associe la consommation de tabac à la rupture des engagements spirituels et à l’épuisement des qualités.
ཐེག་མཆོག་རྡོ་རྗེའི་གཏེར་ལུང་ལས། སྐྱེ་འགྲོ་ཕལ་ཆེར་དུག་ལྔ་རྩལ་ཧྲག་པས༔ ཆགས་སྡང་འཐབ་རྩོད་སྡུག་བསྔལ་མེ་ལྟར་འབར༔ དགེ་བཅུའི་ཆོས་བོར་མི་དགེ་རླུང་ལྟར་འཚུབས༔ བཟང་སྤྱོད་ཀུན་བོར་ལོག་སྤྱོད་སྣ་དགུ་དར༔ །སྐྱོབ་པའི་ལྷ་ཡལ་བདུད་འགོང་ཁ་དར་བས༔ དུས་ངན་ནམ་ཡང་ཁ་ཟས་དུ་བ་རྔུབ༔ ཤེས་རབ་རྩ་འགག་ཉོན་མོངས་ལས་རླུང་རྒྱས༔ དབུ་མ་འགགས་པས་རང་རིག་གསལ་མདངས་ནུབ༔ བསོད་ནམས་མར་འགྲིབ་སྲིད་པ་ཐམས་ཅད་འཁྲུགས༔ བྱིན་ལྡན་རྟེན་ཉམས་ལྟ་ལོག་ཆོས་ལོག་དར༔ ལྷ་སྲུང་གཡེང་ཞིང་རི་རབ་ནང་དུ་གཟིགས༔ མཐའ་མི་དབུས་ལྷུང་དབུས་མི་མཐའ་ལ་འཁྱམས༔ བདུད་རིགས་བསྟན་དར་འཛམ་གླིང་དམྱལ་ཐག་གཅོད༔ ཅེས་དང་།
གྲོ་འདུལ་གླིང་པའི་ལུང་བྱང་ལས། སྲིན་མོའི་ཁྲག་ཐིག་རྩྭ་སོག་ལོ་མ་དེའི༔ དྲི་ཙམ་འཐུང་བ་རྡོ་རྗེའི་དམྱལ་བར་འགྲོ༔ ཞེས་དང་།
De la prophétie-trésor de Thekchok Dorje : « La plupart des êtres, leurs cinq poisons étant intensifiés, l’attachement et l’aversion, les conflits et les souffrances brûlent comme le feu. Abandonnant les enseignements des dix vertus, les non-vertus tourbillonnent comme le vent. Toutes les bonnes conduites étant abandonnées, les neuf sortes de mauvaises conduites se répandent. Les déités protectrices se retirant tandis que les démons et esprits nuisibles prospèrent, dans cette mauvaise époque, on inhale toujours la fumée comme nourriture. Les canaux de la sagesse étant obstrués, les vents karmiques des émotions perturbatrices se développent. Le canal central étant bloqué, la luminosité de la conscience intrinsèque s’estompe. Les qualités vertueuses déclinantes, toutes les existences sont perturbées. Les supports de bénédiction se détériorant, les vues erronées et les faux enseignements se répandent. Les déités et gardiens étant distraits regardent à l’intérieur du mont Méru. Les gens des frontières tombent au centre, les gens du centre errent aux frontières. La lignée démoniaque se répand avec ses enseignements, condamnant le monde à l’enfer. » Ainsi est-il dit.
De la prophétie de Dro Dul Lingpa : « Celui qui ne fait que sentir ou inhaler les feuilles de cette herbe, marque du sang de démone, ira dans l’enfer adamantin. » Ainsi est-il dit.
Notes :
« Thekchok Dorje » signifie « Véhicule Suprême Adamantin » et fait référence à un maître découvreur de trésor.
« Drodul Lingpa » celui qui dompte les êtres est le nom d’un découvreur de trésors spirituels.
Le « canal central » (uma) fait référence au canal principal d’énergie subtile dans les pratiques yogiques.
L' »enfer adamantin » (dorje nyalwa) désigne l’état infernal le plus intense et le plus durable.
Le texte décrit comment le tabac perturbe les canaux énergétiques subtils, affaiblit la conscience claire, et crée un déséquilibre social et spirituel.
མ་གཅིག་ལབ་སྒྲོན་ལུང་བསྟན་ལས། དུས་ཀྱི་ཐ་མ་རྩོད་ལྡན་དུས༔ དུག་ལྔ་ཚང་བའི་ཁ་ཟས་ཤིག༔ བྱུང་ནི་ནག་པོ་རྒྱ་ནས་བྱུང་༔ དར་ནི་ཧོར་གྱི་ཡུལ་དུ་དར༔ ཟས་ནི་བོད་ཁམས་འགྲོ་བའི་ཟས༔ དེ་ཡི་དབང་གིས་འཛམ་གླིང་འདིར༔ ཆར་ཆུ་མི་སྙོམས་སད་སེར་ལྡང་༔ སྒོམ་སྒྲུབ་བྱེད་པས་འདི་ཟོས་ནས༔ བསྐལ་པ་བརྒྱར་ཡང་ལྷ་མི་འགྲུབ༔ ཕྱི་མར་ངན་སོང་གཏན་འཁྱམས་བྱེད༔ མཆོག་གསུམ་ཐུགས་རྗེས་སྐྱོབ་མི་ནུས༔ ཞེས་སོགས་ལུང་མཐའ་ཡས་པ་འབྱུང་ཞིང་། གསར་རྙིང་མཁས་གྲུབ་གོང་མ་རྣམས་ཀྱིས་ཆེད་དུ་བཀག་པའི་གསུང་མང་དུ་སྣང་བ་བཞིན།
De la prophétie de Machik Labdrön : « Dans les derniers temps, l’ère de la discorde, un aliment contenant les cinq poisons complets, son origine est venue de la Chine noire, sa diffusion s’est faite dans le pays des Mongols, sa consommation est devenue l’aliment des êtres du Tibet. À cause de son pouvoir, dans ce monde, les pluies deviennent irrégulières et la grêle se lève. Après en avoir consommé, même ceux qui pratiquent méditation et accomplissement ne parviendront pas à l’état divin ou humain pendant cent éons. Dans l’au-delà, ils erreront éternellement dans les états d’existence inférieurs. Même la compassion des Trois Joyaux ne pourra les sauver. » Ainsi, d’innombrables prophéties apparaissent, et conformément à cela, on trouve de nombreux enseignements explicitement prohibitifs des anciens et nouveaux maîtres érudits et accomplis.
Notes :
Machik Labdrön (1055-1149) était une grande pratiquante et maîtresse tibétaine, fondatrice de la tradition Chöd.
Les « cinq poisons » (duk nga) font référence aux cinq émotions perturbatrices principales.
Les « Trois Joyaux » (chok sum) désignent l’Éveillé, l’Enseignement, et l’Assemblée vertueuse.
Le texte conclut en mentionnant que de nombreuses prophéties similaires existent et que les maîtres de toutes traditions ont explicitement interdit le tabac.
།ཨོ་རྒྱན་རིན་པོ་ཆེའི་རྡོ་རྗེའི་གསུང་གིས་ནམ་ཡང་བསླུ་བ་མེད་པས་ན། །སྔོ་སྡུམ་གྱི་དུ་བ་ཞིག་ལ་འདི་ཙམ་གྱི་ཉེས་དམིགས་ཡོད་པ་ག་ལ་སྲིད་སྙམ་པའི་ལོག་ལྟ་གཏན་ནས་བྱེད་མི་རུང་སྟེ། །བཙན་དུག་ཀྱང་སྔོ་སྡུམ་གྱི་བྱེ་བྲག་གཅིག་ཡིན་པའི་ཕྱིར་དེ་ཅུང་ཟད་ཟོས་པས་ཀྱང་འཚོ་བའི་སྲོག་གཅོད་ནུས་པ་ལ་གཞིག་ན། །བདུད་མོས་སྨོན་ལམ་ལོག་པའི་འབྲས་བུས་ཐར་པའི་སྲོག་ཅི་ལ་གཅོད་མི་ནུས། །དེས་ན་ཤེས་ལྡན་གྱི་གང་ཟག་རྣམས་ནས་ཚུལ་འདི་ཅི་ནུས་སུ་སྤང་བར་བྱས་ན་རང་དྲིན་རང་ལ་ཆེ་བར་ངེས་པ་ཡིན་ནོ། །འདིས་ཀྱང་དད་ལྡན་ཤེས་ལྡན་དགའ། །ལམ་ལོག་གཡང་ལས་ཕྱིར་ལྡོག་སྟེ། །ཐར་པ་བདེ་བའི་གྲོང་ཁྱེར་དུ། །དབུགས་འབྱིན་སྐལ་བཟང་ཐོབ་བྱེད་ཤོག །ཅེས་པའང་མགོ་ལོག་གསེར་ཐར་འཇིགས་མེད་ཀྱི་ངོར་བཛྲ་ཛྙཱ་ནས་བྲིས་པ་དགེ། ༎
Puisque les paroles adamantines du Précieux Maître d’Orgyen ne trompent jamais, il est absolument inapproprié d’entretenir la vue erronée pensant : « Comment est-il possible que la fumée d’une plante possède autant d’effets néfastes ? » Car si l’on considère que même le poison mortel, qui n’est qu’une variété particulière de plante, peut trancher le fil de la vie physique lorsqu’il est consommé en petite quantité, pourquoi le fruit de l’aspiration perverse de la démone ne pourrait-il pas trancher le fil de la libération ? Ainsi, si les personnes dotées de sagesse abandonnent complètement cette substance, il est certain qu’elles se rendront un grand service à elles-mêmes.
Par ceci aussi, puissent ceux dotés de foi et de sagesse se réjouir, faire demi-tour depuis l’abîme des voies erronées, et obtenir l’excellente fortune de pouvoir respirer librement dans la cité du bonheur de la libération.
Ceci fut écrit par Vajrajñāna à la demande de Jigme Serthar de Golok. Vertu !
Notes :
« Précieux Maître d’Orgyen » fait référence à Padmasambhava.
Le texte présente un argument logique comparant les effets physiques du poison avec les effets spirituels du tabac.
La signature indique que ce texte a été composé par un maître nommé « Vajrajñāna » (Sagesse Adamantine) pour Jigme Serthar, un autre nom de Dudjom Rinpoché, un disciple de la région de Golok au Tibet oriental.
Le style conclusif est celui d’une prière d’aspiration pour que les êtres reconnaissent les dangers du tabac et s’en détournent.
Dudjom Rinpoché (1904-1987), de son nom complet Jigdral Yeshe Dorje, était un éminent maître, érudit et tertön (découvreur de trésors spirituels) de la tradition Nyingma de la voie du Bouddha au tibet. Il fut reconnu comme la réincarnation de Dudjom Lingpa et devint le premier chef suprême de l’école Nyingma après l’exil du Tibet.
Il est connu pour ses vastes connaissances, ses travaux d’érudition (notamment l’histoire de l’école Nyingma) et ses nombreux enseignements qui continuent d’être très respectés dans la tradition tibétaine. Le texte sur les méfaits du tabac fait partie de son vaste corpus d’enseignements, où il met en garde contre les dangers spirituels de cette substance en s’appuyant sur les prophéties et enseignements traditionnels.
༄༅། །ཀུ་སཱ་ལིའི་སེམས་ཁྲིད།
L’instruction de Kousāli sur la nature de l’esprit
par Djamgueun Kongtroul
༄༅། །ན་མོ་གུ་རུ།
Namo gourou ! hommage au maître
ལྟ་སྒོམ་བཤད་ཚུལ་མང་ལགས་ཀྱང་། །རང་སེམས་ངོ་བོ་སྐྱོང་ལ་འདུས།
Bien qu’il existe de nombreuses façons d’expliquer la vue et la méditation,
elles reviennent toutes à maintenir l’essence de son propre esprit.
།སེམས་ཞེས་གཞན་དུ་ཡོད་པ་མིན། །ད་ལྟའི་རྣམ་རྟོག་འདི་ཀ་ཡིན།
Ce que nous appelons ‘l’esprit’ n’est pas quelque chose qui existe ailleurs,
c’est la pensée même que vous expérimentez en ce moment !
།དེ་རྗེས་ཕྱི་རུ་མི་འབྲང་བར། །ཁོ་རང་རང་ངོ་བལྟས་པའི་ཚེ། །བལྟ་བྱ་ལྟ་བྱེད་གཉིས་སུ་མེད།
Ainsi, sans être emporté et suivant où qu’il mène,
regardez directement dans son visage, sa propre essence,
A ce moment-là, il n’y a pas de dualité de ‘regarder’ et ‘regardé’.
།སྟོང་པ་ཡིན་པས་དངོས་པོ་མེད། །གསལ་བ་ཡིན་པས་རང་གིས་རིག །ཐ་དད་མ་ཡིན་ཟུང་དུ་འཇུག
Comme il est vide, il n’y a pas de véritable substance.
Comme il est clair, il est conscient de lui-même.
Ces qualités ne sont pas séparées, elles forment une unité.
།ཅི་ཡང་མེད་ལས་ཅི་ཡང་འཆར། །དེ་ཉིད་རང་ངོ་ཤེས་ཙམ་གྱི། །མི་བརྗེད་དྲན་པས་བསྐྱང་བ་ལས།
De rien du tout, n’importe quoi peut surgir.
Vous n’avez qu’à soutenir cela avec la conscience de ne jamais oublier
Cette simple et nue reconnaissance de la nature elle-même…
།བསྒོམ་བྱ་གཞན་དུ་མི་འཚོལ་ཞིང་། །ཡིན་མིན་བཟོ་བཅོས་རེ་དོགས་ཀྱིས། །མ་བསླད་རང་སར་བཞག་པ་ཡིན།
Inutile de chercher un autre objet de méditation !
Non souillé par des espoirs et des angoisses fabriqués – « Est-ce que c’est ? » ou « N’est-ce pas ? » —
Laissez l’esprit s’installer, directement, tel qu’il est.
།ཐ་མལ་ཤེས་པ་བཟོ་མེད་འདི། །ཆོས་སྐུ་འོད་གསལ་མཐར་ཐུག་ཡིན།
Cette connaissance non fabriquée et « ordinaire »
Est la claire lumière ultime du dharmakāya.
།ཕྱག་རྫོགས་ཆོས་སྐད་གྲངས་མང་ཡང་། །ཉམས་ལེན་རྩ་བ་འདི་རུ་འདུས།
Bien que de nombreux termes spéciaux existent dans Mahāmudrā et Dzogchen,
la véritable racine de la pratique se résume simplement à cela.
།དེ་ཡིས་མི་ཆོག་སངས་རྒྱས་ཞེས། །བཟང་པོ་གཞན་དུ་འཚོལ་བ་དེ། །རེ་དོགས་འཆིང་བ་ཡིན་ཕྱིར་སྤོངས།
Ne pas se contenter de cela, rechercher l’éveil comme une autre excellence,
c’est simplement être lié à l’espoir et à la peur – quelque chose à éviter !
།དེ་འདྲ་ཇི་བཞིན་རྟོགས་པའི་ཐབས། །མོས་གུས་ཚོགས་བསགས་གལ་ཆེ་བས། །རྟག་ཏུ་བླ་མ་ཨོ་རྒྱན་རྗེར། །མོས་གུས་གནད་དུ་བསྣུན་པ་དང་། །སྒོ་གསུམ་དགེ་ལ་འབད་པར་འཚལ། །སྒ་སྟོད་ཁྲི་འདུའི་རིག་སྔགས་འཆང་།
En tant que moyen d’amener la réalisation de cette manière,
la dévotion et les accumulations sont de la plus haute importance,
Alors mettez toujours l’accent sur la dévotion pour le maître et le Seigneur d’Orgyen,
Et efforcez-vous de pratiquer la vertu avec votre corps, votre parole et votre esprit.
།རང་སློབ་པདྨ་ཆོས་འཕེལ་ངོར། །བློ་གྲོས་མཐའ་ཡས་ཀུ་སཱ་ལིས། །བདེ་ཆེན་འོད་གསལ་གླིང་ནས་བྲིས།
En réponse à la demande de mon propre étudiant, Pema Chöpel,
un détenteur de mantras de conscience de Gatö Trindu,
moi, le kusāli Lodrö Thayé, ai écrit ceci de Dechen Ösal Ling.
།དགེ་ལེགས་འཕེལ།། །།
Que la vertu et la positivité abondent !
༄༅། །ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་ཚིག་བསྡུས་པ་བཞུགས་སོ།།
Quelques mots bref sur le grand sceau
༄༅། །རྒྱ་གར་སྐད་དུ། མ་ཧཱ་མུ་དྲ་སཉྩ་མི་ཐཱ། བོད་སྐད་དུ། ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་ཚིག་བསྡུས་པ།
En langue indienne : Mahamoudra Sancha Mithaa ; en langue Tibétaine : Tchagya tchenpeu tshik du pa ; en français : mots abrégés du Grand Sceau.
བདེ་ཆེན་ངང་ལ་ཕྱག་འཚལ་ལོ།
Devant la nature de grande félicité nous nous inclinons
།དང་པོ་སྣང་བ་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་དོན་དུ་གསུངས་པ།
Tout d’abord, il est enseigné que le sens est le grand sceau de la manifestation.
ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོར་བརྗོད་པར་བྱ། །ཆོས་རྣམས་ཐམས་ཅད་རང་གི་སེམས། །ཕྱི་རོལ་དོན་མཐོང་འཁྲུལ་པའི་བློ། རྨི་ལམ་བཞིན་ཏེ་ངོ་བོས་སྟོང་།
Ce qui est exprimé comme le grand sceau, c’est que tous les phénomènes sont notre esprit. Le mental illusionné voit le jeu extérieur comme une projection. Lorsque l’essence est vue, cela est comme le rêve.
།གཉིས་པ་རིག་པ་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་དོན་དུ་གསུངས་པ།
Deuxièmement il est enseigné que le sens est le grand sceau de la conscience.
སེམས་ཀྱང་དྲན་རིག་འགྱུ་བ་ཙམ། །རང་བཞིན་མེད་དེ་རླུང་གི་རྩལ། །ངོ་བོས་སྟོང་པ་ནམ་མཁའ་འདྲ། །ཆོས་ཀུན་མཁའ་འདྲར་མཉམ་གནས་པའོ།
Même l’esprit, seulement son mouvement avec souvenirs et conscience, par la force des souffles est sans réalité. L’essence vide est comme l’espace. Demeurons dans l’égalité de tous les phénomènes comme l’espace.
།གསུམ་པ་ཟུང་འཇུག་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་དོན་དུ་གསུངས་པ།
Troisièmement il est enseigné que le sens est le grand sceau de la simultanéité.
ཕྱག་རྒྱ་ཆེ་ཞེས་བརྗོད་པ་ནི། །རང་གི་ངོ་བོས་བསྟན་དུ་མེད། །དེ་ཕྱིར་སེམས་ཀྱི་དེ་བཞིན་ཉིད། །ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་ངང་ཉིད་དོ།
Ce qui est enseigné sur le grand sceau, c’est que notre propre essence est sans fondement. Ainsi, l’esprit dans sa nature telle quelle, est la condition même du grand sceau.
།དེ་ལྟར་སྣང་བ། རིག་པ། ཟུངའཇུག་གསུམ་གྱི་ལྟ་བ་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོ་བསྟན་པ་ལ། སླར་ཡང་སྒོམ་པ་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོ་ལ་གསུམ་གྱི། དང་པོ་གནས་ལུགས་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་དོན་དུ་གསུངས་པ།
Ainsi, les manifestations, la conscience et la simultanéité, ces trois est l’enseignement de la vue du grand sceau. Mais encore, la méditation comprend trois aspects. Tout d’abord il est enseigné, le sens de la nature du grand sceau.
དེ་ལ་བཅོས་ཤིང་བསྒྱུར་དུ་མེད། །གང་གིས་དེ་ཉིད་མཐོང་རྟོགས་ན། །སྣང་སྲིད་ཐམས་ཅད་ཕྱག་རྒྱ་ཆེ། །ཆོས་སྐུ་ཁྱབ་གདལ་ཆེན་པོར་བོས།
En cet état, similairement elle est sans changement. Si nous réalisons la vision de cela même, toutes les manifestations animées et inanimée sont le grand sceau. Nous l’appelons le grand corps absolu omnipénétrant et tout embrassant.
འདི་ན་ས་བཅད་གཉིས་པའི་མཆན་མི་སྣང་།
A ce moment, il y a une seconde partie de notes imperceptibles
རང་བཞིན་མ་བཅོས་ལྷག་པར་བཞག །བསམ་དུ་མེད་པ་ཆོས་ཀྱི་སྐུ། །མ་བཙལ་བཞག་ན་སྒོམ་པ་སྟེ། །བཙལ་ཞིང་སྒོམ་པ་འཁྲུལ་པའི་བློ༑
La nature essentielle est laissée particulièrement sans fabrication. Impensable est le corps absolu. Si nous restons sans recherche, c’est la méditation. Le mental s’illusionne dans une méditation avec recherche.
།གསུམ་པ་རྟོགས་ཚུལ་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་དོན་དུ་གསུངས་པ།
Troisièmement il est enseigné la façon de réaliser le sens du grand sceau
མཁའ་དང་ཆོ་འཕྲུལ་ཇི་ལྟ་བར། །སྒོམ་དང་མི་སྒོམ་གཉིས་མེད་པས། །བྲལ་དང་མ་བྲལ་ག་ལ་ཡོད། །རྣལའབྱོར་པས་ནི་དེ་ལྟར་རྟོགས།
Le mode des apparitions magiques et de l’espace. Méditation et sans méditation indissociable, libre et non libéré quoi qu’il y ait, le pratiquant de l’union les réalise tel quels.
།སླར་ཡང་སྤྱོད་པ་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོ་ལ་གསུམ་གྱི། དང་པོ་རང་གྲོལ་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་དོན་དུ་གསུངས་པ།
Encore, l’activité du grand sceau est le troisième point. D’abord, il est enseigné que le grand sceau est libre de lui-même.
དགེ་དང་སྡིག་པའི་ལས་རྣམས་ཀུན། །དེ་ཉིད་ཤེས་པས་གྲོལ་བར་འགྱུར། །ཉོན་མོངས་ཡེ་ཤེས་ཆེན་པོ་སྟེ། །ནགས་ལ་མེ་བཞིན་རྣལ་འབྱོར་གྲོགས།
Toutes les actions vertueuses et nuisibles, par la connaissance de cela permettra la libération. Les émotions, en la grande sagesse le pratiquant de l’union en fait ses amis comme dans un feu de forêt.
།གཉིས་པ་རོ་སྙོམས་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་དོན་གསུངས་པ།
Deuxièmement il est enseigné le sens de l’unique saveur du grand sceau.
འགྲོ་དང་འདུག་དུས་ག་ལ་ཡོད། །དགོན་པར་ཕྱིན་ན་བསམ་གཏན་ཅི། །དེ་ཉིད་མ་རྟོགས་གང་གིས་ཀྱང་། །གནས་སྐབས་ཙམ་ལས་གྲོལ་མི་འགྱུར།
Comment peut-il en même temps aller et rester ? S’il va qu’en est-il de la méditation stable. Sans totalement réaliser la réalité, momentanément nous ne sommes pas libres.
།གསུམ་པ་དབྱེར་མེད་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་དོན་དུ་གསུངས་པ༑
Troisièmement c’est l’enseignement du sens du grand sceau de l’indissociabilité
དེ་ཉིད་རྟོགས་ན་གང་གིས་འཆིང་། །ངང་ལ་མ་ཡེངས་གནས་པ་ལས། །མཉམ་པར་གཞག་དང་མ་གཞག་ཅེས། །གཉེན་པོས་བཅོས་ཤིང་བསྒོམ་དུ་མེད།
Si nous réalisons la réalité, quels que soient nos entraves, lorsque nous demeurons sans dévier de la nature essentielle, nous demeurons dans l’équilibre entre demeure et non demeure, sans méditer un remède fabriqué.
།སླར་ཡང་འབྲས་བུ་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོ་ལ་གསུམ་གྱི། དང་པོ་སྣང་སྲིད་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་དོན་དུ་གསུངས་པ།
Encore, le troisième point est le grand sceau du fruit. D’abord il est enseigné le sens du grand sceau des apparences et de l’existence.
འདི་ལ་གང་ཡང་མ་གྲུབ་སྟེ། །སྣང་བ་རང་གྲོལ་ཆོས་ཀྱི་དབྱིངས། །རྟོག་པ་རང་གྲོལ་ཡེ་ཤེས་ཆེ། །གཉིས་མེད་མཉམ་པ་ཆོས་ཀྱི་སྐུའོ།
Cela sans nous établir d’aucune façon, les apparences libérées d’elles-même dans la sphère de réalité, la grande sagesse libre d’elle-même est réalisée. C’est le corps absolu égal non duel.
།གཉིས་པ་འཁོར་འདས་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་དོན་དུ་གསུངས་པ།
Deuxièmement c’est l’enseignement du sens du grand sceau du cycle et de l’au-delà.
ཆུ་བོ་ཆེན་པོའི་རྒྱུན་འབབ་ལྟར། །ཇི་ལྟར་སྤྱད་ཀྱང་དོན་དང་ལྡན། །འདི་ནི་རྟག་ཏུ་སངས་རྒྱས་ཉིད། །འཁོར་བ་ཡུལ་མེད་བདེ་བ་ཆེའོ།
Comme le flot d’un grand fleuve, ainsi le sens l’activité est maîtrisée. D’elle toujours est l’éveil même, le cycle sans demeure est grande félicité.
།གསུམ་པ་མཐར་ཐུག་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་དོན་དུ་གསུངས་པ།
Troisièmement il est enseigné le sens du grand sceau ultime.
ཆོས་རྣམས་རང་རང་ངོ་བོས་སྟོང་། །སྟོང་པར་འཛིན་བློ་རང་སར་དག །བློ་བྲལ་ཡིད་ལ་མི་བྱེད་པ། །འདི་ནི་སངས་རྒྱས་ཀུན་གྱི་ལམ།
Voyons l’essence de tous les phénomènes par devers nous-même. Le mental qui saisit est vide et se clarifie de lui-même. Le mental libre ne se construit pas avec le mental. Ceci est le chemin de tous les éveillé.
།མཐར་གདམས་ཤིང་བསྔོ་བར་གསུངས་པ།
Enfin, pour conclure sont exprimés des mots de dédicaces.
སྐལ་བ་རབ་ཏུ་གྱུར་པ་ལ། །བདག་གིས་སྙིང་གཏམ་ཚིག་ཏུ་བསྡེབས། །འདི་ཡིས་འགྲོ་བ་མ་ལུས་པ། །ཕྱག་རྒྱ་ཆེ་ལ་གནས་པར་ཤོག །མཁས་པ་ཆེན་པོ་ནཱ་རོ་པའི་ཞལ་སྔ་ནས་མར་པ་ཆོས་ཀྱི་བློ་གྲོས་ལ་
པུཥྤ་ཧ་རིར་གནང་བའོ།
Afin que ce soit complet et de bon augure, moi j’ai mis par écrit ces mots pour le bien de tous les êtres sans exception, afin qu’ils demeurent dans le grand sceau. Emis par la bouche du grand érudit Naropa à Marpa Intelligence de l’Enseignement, transmis à Poushpahari.
།ཤུ་བྷཾ་མསྟ་སརྦ་ཛཱ་ག་ཏཾ།
Shoubham meta sarva dzagatam.
Que tout soit vertueux et placé sous les meilleurs auspices.
དེ་ལྟར་ཤློ་ཀ་བཅུ་གསུམ་གྱིས་ཕྱག་ཆེན་མ་ལུས་པར་བསྡུས་ཏེ་བསྟན་པ་ནི་དམིགས་དབྱེ་བ་དོན་དང་མཐུན་པར་བྱས་ཀྱི། ཞིབ་ཏུ་ནི་ཞལ་ལས་ཤེས་པར་བྱའོ། །འཁྲུགས་པ་རྣམས་ལ་ཡིད་བརྟན་མི་བྱ་ལ། འདི་དཔེ་རྙིང་དག་པ་རྣམས་ལྟར་བྲིས་པ་ཡིན་པས་བཅོས་པར་མི་བསམ་མོ།། །།
Ainsi treize vers, sans exception, de cet enseignement sur le grand sceau abrégé pour nous orienter en accord avec le sens, de manière minutieuse a été exposé. Toutes les perturbations du mental écartées, cet exemplaire ancien, a été écrit purement sans une pensée artificielle.
La vue, présentée de façon concise par Naropa
༈ །རྒྱ་གར་སྐད་དུ། ཨ་དྷི་སིདྷི་ས་མཱ་ནཱ་མ།
En Sanskrit : Adhi Siddhi Sama Nama
བོད་སྐད་དུ། ལྟ་བ་མདོར་བསྡུས་པ་ཞེས་བྱ་བ།
En Tibétan : lta ba mdor bsdus pa zhes bya ba (Taoua Dordupa)
རྡོ་རྗེ་མཁའ་འགྲོ་མ་ལ་ཕྱག་འཚལ་ལོ།
Hommage à Vajra Yogini !
།ཐམས་ཅད་མཁྱེན་ཉིད་སྐྱོབ་པའི་གཙོ། །འགྲོ་བའི་མགོན་ལ་ཕྱག་འཚལ་ལོ།
À l’omniscient Seigneur du refuge, le protecteur de ceux qui errent, je rends hommage.
།ལུང་དང་རིགས་པའི་རྗེས་འབྲང་ནས། །དངོས་དོན་བསྡུས་ཏེ་གཏན་ལ་དབབ།
Ayant suivi des transmissions orales (par la lecture) et des analyses logiques, j’ai résumé (condensé) et établi le sens véritable.
།སྣང་ཞིང་སྲིད་པའི་ཆོས་འདི་རྣམས། །རང་རིག་སེམས་ལས་གུད་ན་མེད། །སྣང་ཞིང་གསལ་བ་ཡིན་པའི་ཕྱིར། །དཔེར་ན་རང་རིག་ཉམས་མྱོང་བཞིན།
Tous ces phénomènes évidents (apparents) des Possibles ne sont nulle part en dehors de l’esprit, notre propre conscience connaissante (conscience qui se connaît elle-même). Puisqu’elle se manifeste et est claire (lumineuse), par exemple elle est comme l’expérience qui se connaît elle-même.
།གལ་ཏེ་སེམས་དེ་མ་ཡིན་ན། །འབྲེལ་བ་མེད་ཕྱིར་མི་སྣང་འགྱུར། །དེ་ལྟར་ཀུན་རྫོབ་གཏན་ལ་དབབ། །ཆོས་ཀུན་སེམས་ལ་གནས་ཤེས་གསུངས།
Si cet esprit n’était pas comme cela, il n’y aurait pas de relation (de connexion, d’interdépendance) et rien n’apparaîtrait C’est ainsi que j’ai établi le relatif : « Comprenons que tous les phénomènes ont pour base l’esprit (demeurent en l’esprit) », ainsi a-t-il été enseigné.
།ཆོས་ཀྱི་དངོས་གཞི་སེམས་ཉིད་དེ། །རིག་པས་གཞིག་སོགས་ཀྱིས་དཔྱད་ཀྱང་། །རང་བཞིན་འོད་གསལ་སེམས་དེ་དང་། །གློ་བུར་རྣམ་རྟོག་དྲི་མ་གཉིས། །གཅིག་གམ་ཐ་དད་གང་ཡིན་པ། །ཤིན་ཏུ་ཟབ་པ་ཆེན་པོ་ཉིད།
La base même des phénomènes, qui est l’essence de l’esprit, peut être connue (comprise), examinée minutieusement et par l’analyse, et ainsi de suite, mais cet esprit naturellement lumineux et la souillure temporaire (momentanée) des pensées conceptuelles, ces deux, qu’ils soient un ou différents, sont extrêmement profonds et vastes.
།ཤིན་ཏུ་ཟབ་ཕྱིར་མཁས་པས་དཔྱོད། །བཤད་པ་ཡོད་ཀྱང་མ་བྲིས་སོ།
Parce qu’ils sont extrêmement profonds, les érudits [les] analysent. Bien qu’ils donnent des explications, je n’écrirai pas sur ce sujet.
།སྟོང་པ་དེ་ཉིད་རིག་པ་སེམས། །བྱང་ཆུབ་སེམས་ཀྱང་དེ་ཉིད་དོ། །སངས་རྒྱས་རིགས་ཀྱང་དེ་ཉིད་དོ། །བདེ་གཤེགས་སྙིང་པོ་དེ་ཉིད་དོ།
L’esprit qui est la connaissance même est vacuité. C’est aussi l’essence même de l’Esprit d’Éveil (bodhitchitta). Les qualités particulières (la spécificité, la lignée, la nature) des Sages Éveillés est encore (aussi) cela même. Le cœur de Ceux-Allés-en-la-Félicité (sugata) est cela même.
།ཇི་བཞིན་པ་ཡི་རོ་མྱོང་བས། །བདེ་བ་ཆེན་པོའང་དེ་ཉིད་དོ། །གསང་སྔགས་ཤེས་པའང་དེ་ཉིད་དོ། །ཐབས་དང་ཤེས་རབ་དེ་ཉིད་དོ།
En goûtant ce qui est tel quel, la grande félicité est aussi cela même. La connaissance du Verbe Sacré secret est cela même. Les moyens habiles et la sagesse connaissante sont cela même.
།ཟབ་དང་རྒྱ་ཆེ་དེ་ཉིད་ཡིན། །ཀུན་བཟང་ཡབ་ཡུམ་དེ་ཉིད་དོ། །སྣང་སྟོང་དབྱིངས་དང་ཡེ་ཤེས་ལ། །ཡེ་སངས་རྒྱས་ཤེས་དེ་ལ་བྱ།
[Ce qui est] profond et vaste est cela même. Toujours-Excellent (Samantabhadra) en union [avec sa parèdre] est cela même. L’espace des apparences-vacuité (des manifestations vacuité) et la sagesse sont la conscience connaissante de l’Éveil originel (primordial).
།དྲི་མ་དང་བཅས་རང་རིག་དེ། །དེ་ཡང་གཞན་ལ་མི་ལྟོས་ཕྱིར། །རང་བྱུང་ཡེ་ཤེས་དེ་ཉིད་དོ། །རིག་པ་ཡིན་ཕྱིར་གསལ་བའོ།
Cette connaissance qui se connaît elle-même, encore souillée, bien qu’en outre elle ne dépende pas d’autres choses, est la nature même de la sagesse apparue d’elle-même. Parce que cette connaissance est, elle est clarté (luminosité).
།རང་རིག་ཡིན་ཕྱིར་མི་རྟོག་སྟེ། །རང་རིག་རང་ལ་རྟོག་མི་སྲིད། །རྣམ་པར་རྟོག་བྱ་མིན་པའི་ཕྱིར། །སེམས་དེ་རྣམ་པར་མི་རྟོག་པ། །གསལ་ལ་མི་རྟོག་ཡེ་ཤེས་ཉིད། །དཔེར་ན་བདེ་གཤེགས་ཡེ་ཤེས་བཞིན།
Parce que ce qui est la conscience qui se connait elle-même est l’absence de pensées conceptuelles, notre propre conscience connaissante elle-même est impossible à concevoir. Parce que la conscience conceptuelle n’existe pas, l’esprit sans pensées conceptuelles est la sagesse même, claire et sans concepts, comme par exemple la sagesse de ceux Allés en la Félicité (sougata).
།དེས་ན་སེམས་ཉིད་འོད་གསལ་ལ། །སེམས་ནི་ཡེ་ཤེས་ཡིན་རྟོགས་ནས། །སངས་རྒྱས་གཞན་དུ་མི་བཙལ་གསུངས།
C’est pourquoi ayant réalisé que l’esprit même est clarté (luminosité), que l’esprit est sagesse connaissante, il n’y a pas d’autre Éveil à chercher (ailleurs). [Ainsi] est-ce enseigné.
།འོན་ཀྱང་སེམས་དེ་གློ་བུར་གྱི། །རྣམ་རྟོག་དྲི་མས་ཉོན་མོངས་ཏེ། །ཆུ་དང་གསེར་དང་ནམ་མཁའ་ལྟར། །གནས་སྐབས་དག་དང་མ་དག་ལས།
Néanmoins, cet esprit n’est pas perturbé par la souillure des pensées conceptuelles temporaires (momentanées). Comme l’eau, comme l’or, comme le ciel, il peut être pur ou impur, selon les circonstances.
།རང་བཞིན་འོད་གསལ་སེམས་དེ་ལ། དངོས་པོ་སྐྲ་ཡི་རྩེ་ཙམ་མེད། །དཔེར་ན་ནམ་མཁའི་པད་མོ་བཞིན།
Mais l’esprit naturellement lumineux est dépourvu (libre) même d’une pointe de cheveux de substance concrète, comme l’analogie d’une fleur de lotus du ciel.
།དེ་ལྟར་ཡོད་པ་མ་གྲུབ་ཕྱིར། །མེད་པའང་ཅུང་ཟད་འགྲུབ་མི་འགྱུར། །ཕན་ཚུན་ལྟོས་པ་ཉིད་ཀྱི་ཕྱིར། །ཚུ་རོལ་མ་གྲུབ་ཕ་རོལ་མིན།
Parce qu’il n’existe pas tel qu’il semble être, il n’a pas la moindre existence sans changement (immuable). En conséquence, à cause de l’interdépendance même, [quand] un coté n’existe pas, l’autre côté n’existe pas [non plus].
།ཡོད་མེད་གཉིས་ཀ་མ་ཡིན་ཏེ། །སོ་སོ་ཉིད་དུ་བཀག་ཕྱིར་རོ། །གཉིས་ཀ་མེད་པའང་མ་ཡིན་ཏེ། །ཡོད་མེད་གཉིས་སུ་འགལ་བའི་ཕྱིར། །ལུས་ཅན་ཡང་ནི་མ་ཡིན་ལ། །ལུས་ཅན་མིན་པའང་མ་ཡིན་ཕྱིར།
Ni il existe, ni il n’existe pas, ni même ces deux il n’est point, parce qu’il ne peut en même temps être identique et différent. Il n’est pas non plus les deux à la fois. Parce qu’exister et ne pas exister, ces deux sont contradictoires. Aussi, il n’est ni pourvu d’un corps pas plus qu’il n’est sans corps.
།དེས་ན་སྤྲོས་པ་ཐམས་ཅད་བྲལ། །དེ་ལྟར་དོན་དམ་གཏན་ལ་དབབ། །སེམས་ནི་ནམ་མཁའ་ལ་གནས་གསུངས།
Par conséquent, il est libre de toute projection. C’est juste ainsi que l’ultime est établi : « l’esprit en l’espace demeure », est-il enseigné.
།རང་རིག་སྤྲོས་བྲལ་དེ་ཉིད་ཀྱང་། །སྣང་ཞིང་སྟོང་ལ་སྟོང་ཞིང་སྣང་། །དེ་ཕྱིར་སྣང་སྟོང་དབྱེར་མེད་དོ། །དཔེར་ན་ཆུ་ཡི་ཟླ་བ་བཞིན། །དེ་ལྟར་གཉིས་མེད་གཏན་ལ་དབབ། །ནམ་མཁའ་ཅི་ལའང་མི་གནས་གསུངས།
Ainsi, la connaissance qui se connaît elle-même est sans projection, précisément, elle est apparence pourtant vide et tout en étant vide elle est manifeste. C’est pourquoi apparence et vide sont indissociables, comme l’analogie de [la forme de] la lune dans l’eau. C’est ainsi que l’absence de dualité a été établie : « l’espace ne demeure nulle part (n’est fondé sur rien) » ainsi est-ce enseigné.
།རང་རིག་སྤྲོས་བྲལ་དེ་ཉིད་ནི། །འཁོར་བའི་དངོས་གཞི་དེ་ཉིད་དོ། །མྱ་ངན་འདས་པའང་དེ་ཉིད་ཡིན། །དབུ་མ་ཆེན་པོའང་དེ་ཉིད་ཡིན། །མཐོང་བར་བྱ་བའང་དེ་ཉིད་ཡིན། །བསྒོམ་པར་བྱ་བའང་དེ་ཉིད་དོ། །ཐོབ་པར་བྱ་བའང་དེ་ཉིད་དོ། ཚད་མའི་བདེན་པའང་དེ་ཉིད་ཡིན།
La connaissance qui se connaît elle-même libre de projection est elle-même la véritable base du Cycle des Existences (samsara). L’Au-delà de la Souffrance (nirvana) est aussi cela même. La Grande Voie du Milieu est aussi cela même. Ce qui est vu est aussi cela même. Ce à quoi s’entrainer est aussi cela même. Ce qui est à atteindre est aussi cela même. La connaissance fondée (pertinente) est aussi cela même.
།རྒྱུ་དང་ཐབས་དང་འབྲས་བུ་ཡི། །རྒྱུད་རྣམ་གསུམ་དུ་གྲགས་པ་དང་། །གཞི་ལམ་འབྲས་བུར་གྲགས་པ་ཡང་། །འདི་ཉིད་ཀྱི་ནི་གནས་སྐབས་སོ།
Les Continuités de transmission (tantras) renommées en les trois parties que sont la cause fondamentale, la méthode et le résultat, et ce qui est connu comme la base, le chemin, et le fruit, sont simplement des spécificités temporaires de cela même.
།རྩ་བའི་རྣམ་ཤེས་ཀུན་གཞི་དང་། །འཁོར་བ་ཇི་སྲིད་ཕུང་པོ་དང་། །གཞན་དབང་ཞེས་པ་ལ་སོགས་གྲགས།
La conscience de base, le fondement de tout, et tous les agrégats [des manifestations] possibles du Cycle des Existences sont connus comme la nature dépendante, et ainsi de suite.
།ཨེ་མ་ཧོ། །སེམས་ཉིད་དྲི་མ་དང་བཅས་དེའི། །རྣམ་འཕྲུལ་འགྲོ་བ་དྲུག་ལ་སོགས། །ནམ་མཁའི་ཁམས་ཀྱི་མཐའ་ཀླས་པར། །སྡུག་བསྡལ་འཁྲུལ་འཁོར་བསམ་ལས་འདས། །རྣམ་རྟོག་དྲི་མ་དང་བྲལ་བའི། །རང་རིག་སྤྲོས་བྲལ་དེ་ཉིད་ནི། །མི་གནས་མྱ་ངན་འདས་པ་ཡིན།
Emaho ! (Merveille !) Alors que l’esprit même est encore souillé (pollué), ces manifestations illusoires des six classes d’êtres et ainsi de suite, qui s’étendent jusqu’aux limites de l’espace, et sont le cycle illusoire (les mouvements de confusion) des souffrances inimaginables. La connaissance qui se connaît elle-même libre de projection est dépourvue des souillures des concepts. Cette réalité est l’Au-delà de la Souffrance sans demeure (sans être établie).
།རྡོ་རྗེ་སེམས་དཔའང་དེ་ཉིད་ཡིན། །སངས་རྒྱས་དྲུག་པའང་དེ་ཉིད་ཡིན། །རིགས་དྲུག་པ་ཡང་དེ་ཉིད་ཡིན། །འཇམ་དཔལ་གཞོན་ནུ་དེ་ཉིད་ཡིན། །རྣམ་པར་སྣང་མཛད་དེ་ཉིད་ཡིན།
L’Être-Adamantin est aussi cela même. Le sixième Éveillé (Vajradhara) est aussi cela même. Les six Familles [d’Éveillés : Vajradhara-le détenteur du sceptre adamantin, Vairotchana-plein rayonnement, Akshobya-l’inébranlable, Ratna Sambhava-né du joyau, Amitabha-lumière infinie, Amoghasiddhi-accomplissements sans entrave] sont aussi cela même. Chant-de-Gloire-de-Douceur (Manjoushri Koumara) est cela même. Plein-Rayonnement (Vairotchana) est cela même.
།ཆོས་ཀྱི་སྐུ་དང་བདེ་ཆེན་དང་། །ཟུང་འཇུག་ཅེས་པའང་དེ་ཉིད་དེ། །བཞི་པའི་དབང་ཡང་དེ་ཉིད་དོ། །ལྷན་ཅིག་སྐྱེས་དགའ་དེ་ཉིད་ཡིན། །རང་བཞིན་དག་པའང་དེ་ཉིད་དོ།
Le Corps Absolu (Dharmakaya), la grande félicité et l’état d’union (de simultanéité) sont aussi cela même. La quatrième transmission de pouvoir (celle du mot, l’ultime) est aussi cela même. La joie simultanée est aussi cela même. La pureté naturelle est aussi cela même.
།དེ་ལ་སོགས་པ་མདོ་རྒྱུད་ལས། །རྣམ་གྲངས་ཐ་སྙད་གྲགས་པ་ཀུན། །ཕལ་ཆེར་འདི་ལ་བརྟེན་པ་སྟེ། །ཇི་ལྟར་རིགས་པས་འདི་ལ་སྦྱར།
Ceux-là et d’autres, [que ce soit] dans les Énoncés (discours, soutras) et les Continuités de transmissions (tantras), tous sont renommés (connus) comme des énumérations de désignations conventionnelles. La plupart sont basés sur cela, composés (réunis, assemblés) de façon appropriée (en accord avec nos désignations).
།ཨེ་མ་ཧོ། །སེམས་ཉིད་དྲི་མ་མེད་དེ་ཡི། །རྣམ་འཕྲུལ་གཟུགས་སྐུས་བསྡུས་པ་ཡི། ཞིང་ཁམས་རྣམ་པར་དག་པ་དང་།
།དཀྱིལ་འཁོར་རྣམ་འཁྲུལ་ལ་སོགས་པ། །ངོ་མཚར་ཆེ་བའི་རྣམ་འཕྲུལ་དག །ནམ་མཁའི་མཐའ་ཀླས་ཁྱབ་པར་སྣང་།
Emaho ! (Merveille !) L’esprit même est sans souillure. Il comprend (inclut) des manifestations illusoires, les Corps formels. Les Champs Purs complètement immaculés (clairs, purs) et les Cercles Sacrés entièrement illusoires et ainsi de suite, ces manifestations magiques magnifiques et merveilleuses apparaissent et pénètrent tout jusqu’aux limites de l’espace.
།རང་སེམས་དེ་ལ་རྨོངས་པ་ཡི། །ཕྱི་རོལ་མུ་སྟེགས་པ་དག་གིས། །བདག་དང་གཙོ་བོ་ལ་སོགས་ཞེས། །གྲུབ་མཐའ་ལོག་པའི་རྒྱ་མཚོར་ཞུགས།
Leur propre esprit étant confus (obscur), ceux à l’extérieur (de la voie de l’Éveil) ont des vues contraires, à cause du « moi », le « moi » en tête, et ainsi de suite, participent à un océan de philosophies (doctrines) inverses (erronées).
།རང་གི་སྡེ་པ་ཉན་ཐོས་དང་། །རང་རྒྱལ་སེམས་ཙམ་པ་དག་གིས། །གཟུང་འཛིན་གཉིས་སུ་འཛིན་པ་དང་། །གཉིས་མེད་ཡང་དག་ཉིད་དུ་རྟོག །གཞན་ཡང་རྣམ་བདེན་རྣམ་རྫུན་སོགས། །རྣམ་རྟོག་དྲ་བར་ཚུད་པར་འགྱུར།
Nos propres écoles (de la voie intérieure de l’Éveil), avec les Auditeurs (shravakas), les Vainqueurs Solitaires (pratyekabouddhas), et les adeptes de l’Esprit Seulement, maintiennent la dualité de celui qui saisit (perçoit) et de ce qui est saisi (perçu), et conceptualisent (conçoivent) la non-dualité comme étant la vérité. Eux aussi sont pris dans le filet (les mailles) des concepts de ce qui est vrai, ce qui est faux et ainsi de suite.
།དེ་ལྟར་ལྟ་བ་མ་ནོར་བས། །སྒོམ་པ་དང་ནི་སྤྱོད་པ་དག །དངོས་དང་མཐུན་པས་བྱང་ཆུབ་ཐོབ། །དཀྱུ་ས་བསྟན་པའི་རྟ་བཞིན་ནོ།
Ainsi, sans se tromper (sans doute) sur la vue, par la méditation et la conduite pure, en accord avec le réel (la vérité), l’Éveil est atteint (intégré), comme un cheval [bien entraîné] se révèle dans une course.
།ལྟ་བ་དངོས་དང་མ་མཐུན་ན། །སྒོམ་པ་སྤྱོད་པ་འཁྲུལ་འགྱུར་བས། །འབྲས་བུ་ཇི་བཞིན་མི་ཐོབ་སྟེ། །དམུས་ལོང་མིག་བུ་མེད་པ་བཞིན།
Si nous ne sommes pas en accord avec la vision directe (réelle, véritable), alors la méditation et la conduite seront erronées et le fruit, pour cela, ne sera pas atteint. Comme un aveugle sans guide.
།དངས་དོན་རྒྱ་མཚོ་ལྟར་ཟབ་པ། ཁྲོན་པའི་སྦལ་འདྲ་བདག་གི་བློས། །བསྐྱམས་པས་གཏིང་རྙེད་ག་ལ་འགྱུར། །ནོངས་འགྱུར་མཁས་རྣམས་བཟོད་པར་མཛོད།
Comme une grenouille dans un puits, comment mon mental qui agite les profondeurs pourrait-il découvrir la profondeur (le trésor) semblable à l’océan du sens certain ? Puissent tous les sages érudits pardonner mes erreurs !
།འདི་བྱས་དགེ་བ་གང་ཡིན་དེས། །སྐལ་ལྡན་སྐྱེ་བོ་དམ་པ་ཡི། །འཁྲུལ་པའི་དྲི་མ་རབ་སྤངས་ནས། །རྟོགས་པའི་ཤེས་རབ་སྐྱེ་བར་ཤོག
Par la vertu, quelle qu’elle soit, d’avoir composé cela, les souillures de l’illusion des excellents êtres fortunés puissent-elles être complètement dissipées et puisse la réalisation de la sagesse connaissante s’élever.
།རྗེ་ནཱ་རོ་པའི་ལྟ་བ་མདོར་བསྡུས་པ་ཞེས་བྱ་བ་རྫོགས་སོ། །པཎྜི་ཏ་ཛྙཱ་ན་སིདྡྷིའི་ཞལ་སྡ་ནས། ལོ་ཙཱ་བ་མར་པ་ཆོས་ཀྱི་བློ་གྲོས་ཀྱིས་བསྒྱུར་ཞིང་ཞུས་པའོ། ༈
Ceci termine « La Vue, présentée de façon concise » par Naropa. En présence du pandit Jnana Siddhii, ceci a été traduit et corrigé par le traducteur (lotsawa) Marpa Chökyi Lodrö.
།ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་སྒྲུབ་ཐབས་བདེ་ཆེན་བདུས་རྩི་རོལ་གར།
Pratique de la dance imposante du nectar de Grande Félicité du Grand Sceau
།ན་མོ་གུ་རུ་ཧཱ་མུ་དྲ་ཡེ༎
Namo mahamoudra’ yé
།ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་ཆོ་གའི་ཐོག་མར་སྤྱི་དོན་ནི།
En introduction, sens général de la pratique du Grand Sceau
།བདེ་སྟོང་དབྱེར་མེད་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོ་དེ། །ལྷ་དང་དཀྱིལ་འཁོར་ཀུན་གྱི་འཆར་གཞི་ཡིན། །དེ་ལ་ངེས་ཤེས་སྐྱེས་ན་ལྟ་བའི་མཆོག །དེའི་ངང་རང་བབས་གནས་པ་སྒོམ་པ་སྟེ། །ལྟ་སྒོམ་གྲོགས་སུ་ཤར་བ་སྤྱོད་པའི་མཆོག །སྤང་ཐོབ་རེ་དྭོགས་ཞིག་པ་འབྲས་བུ་སྟེ། །ཕྱོགས་རིས་རྣམ་རྟོག་ཞིག་པ་དམ་ཚིག་མཆོག །སྣང་སྟོང་དགག་སྒྲུབ་བྲལ་བ་བསྐྱེད་རིམ་སྟེ། །བདེ་སྟོང་རང་བབས་གནས་པ་རྫོགས་རིམ་མཆོག །ཀུན་གྱི་རྩ་བ་དབྱིངས་རིག་དབྱེར་མེད་ཀྱི། །དོན་དམ་ལྷ་ཡི་ང་རྒྱལ་བརྟན་པར་བྱ༎
Ce grand sceau, indissociabilité de la félicité vacuité, base d’apparition de tous les cercles sacrés et des déités, de lui, la vue sublime naît de la certitude de cette nature, la méditation de la demeure dans l’état tel quel, la vue et la méditation aident à l’apparition du sublime comportement, pour que le fruit qui résulte de la destruction de l’espoir, de la crainte, de l’abandon et de l’obtention, et le sublime lien sacré qui est la destruction des concepts et des parti pris, phase de développement libre d’affirmation ou de négation, apparence et vacuité, sublime phase d’accomplissement, demeure dans l’état naturel de félicité vacuité, racine de tout, inséparable de l’espace et de la connaissance, maintien fermement la fierté divine du sens ultime.
ཐོག་མར་སྐྱབས་སུ་འགྲོ་བ་ནི།
Au début, se placer sous la protection de l’éveil
འོད་གསལ་ཡེ་གྲོལ་འདི་ནི་དོན་དམ་གྱི་སངས་རྒྱས། །རིག་རྩལ་འཁྲུལ་པའི་གཉེན་པོ་གནས་ལུགས་ཀྱི་དམ་ཆོས། །རིག་གྲོལ་ཡོན་ཏན་ལྡན་པ་ས་ཐོབ་ཀྱི་འཕགས་པ། །བསྐྱབ་བྱ་སྐྱོབ་བྱེས་མེད་པ་དོན་དམ་གྱི་སྐྱབས་འགྲོ༎
La claire lumière, vaste libération du sens ultime de l’éveil, la force de la conscience émane les antidotes de l’authentique enseignement de la nature fondamentale, la conscience libérée de la vérité des qualités, obtention de la terre des nobles, sans celui qui se place sous la protection ni ceux qui protègent, c’est se placer ultimement sous la protection de l’éveil.
སེམས་བསྐྱེད་ནི།
Développement de l’esprit d’éveil
ཀུན་རྫོབ་སྣང་སྟོང་ཆུ་ཟླ་སྟ་བུ་ཡི་འགྲོ་ལ། །མ་རྟོགས་དབང་གིས་སྡུག་བསྔལ་སྣ་ཚོགས་ཤིག་ཡོད་ཀྱང་། །རྟོགས་ན་འཁྲུལ་པ་གཞི་མེད་རང་གྲོལ་དུ་འདུག་པས། །དམིགས་པའི་གཏད་སོ་ཞིག་པའི་སེམས་བསྐྱེད་འདི་ངོ་མཚར༎
Les conventions apparences vides deviennent semblable à la lune dans l’eau, bien que par la force de l’absence de réalisation les diverses souffrances se manifestent, elles sont détruites lorsqu’il y a la réalisation, car l’illusion sans base, est libre d’elle-même. Lorsqu’il y a destruction des références dans les projections, c’est la merveille de cet esprit d’éveil.
གཉིས་སྣང་སྟོང་པར་སྦྱང་བ་ནི།
Purification de la dualité des apparences vacuités
གཟང་འཛིན་གཉིས་ཀྱིས་བསྡུས་པའི་ད་ལྟར་གྱི་སྣང་བ། །འོད་གསལ་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་རང་རྩལ་དུ་འདུག་པས། །སྦྱང་བྱ་སྦྱོང་བྱེད་འཛིན་པ་གཞི་གྲོལ་དུ་འདུག་སྟེ། །མ་བཅོས་སོ་མ་རང་བབས་ལྷུག་པ་ཨ་ཨ༎
Les apparences du présent rassemblées dans la dualité sont appréhendées de façon aigüe, sont la naturelle expression de la claire lumière du grand sceau. Ce qui doit être purifié et celui qui purifie, sont naturellement libres de saisie, non modifié, naturel, tel quel, détendu, A A (merci).
བསྐྱེད་རིམ་ནི།
Développement progressif
དབྱིངས་ཀྱི་རྩལ་ལས་ཤར་བའི་སྣང་སྟོང་གི་ལྷ་སྐུ། །རྟོག་བཏགས་དགག་སྒྲུབ་མེད་ན་ལུས་དབེན་དུ་འདུག་པས། གཉུག་མའི་ལུས་ཀྱི་གནས་ལུགས་བག་ཡངས་སུ་གློད་དང་། །འབད་རྩོལ་མེད་པར་དག་སྣང་སྣ་ཚོགས་ཤིག་འཆར་ངེས༎
Le corps de la déité apparence vacuité apparaît de la force de l’espace, c’est le corps libre des complexités, lorsqu’il n’y a ni obstruction ni obtention, ni imputations conceptuelles, laissé relaxé, naturellement à l’aise, dans son mode d’être du corps de l’état naturel, c’est la certitude des apparitions diverses dans la vision pure sans effort.
ཡན་ལག་བདུན་ལས། ཐོག་མར་ཕྱག་འཚལ་བ་ནི།
Les sept branches, en commençant par les hommages
བདེ་སྟོང་དབྱེར་མེད་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོ་ལ། །རིག་སྟོང་དབྱེར་མེད་ངང་དུ་ཕྱག་འཚལ་བས། །འབད་རྩོལ་སྤྲོས་པའི་མཚན་མ་རབ་ཞི་བའི། །དོན་གྱི་གནས་ལུགས་མངོན་དུ་བྱེད་གྱུར་ཅིག།
En le grand sceau de l’indissociabilité de la félicité vacuité, rendant hommage à la nature indissociable de la conscience vacuité, pacifiant la complexité des fabrications et des efforts, puissions-nous réaliser la nature de l’esprit ultime.
མཆོད་པ་འབུལ་བ་ནི།
Les offrandes
རབ་མཛེས་གཟུགས་སྒྲ་དྲི་རོ་རེག་བྱ་རྣམ། །སྣང་སྟོང་དབྱེར་མེད་འཇའ་ཚོན་ཆུ་ཟླ་བཞིན། །སྣང་སེམས་རྒྱ་གྲོལ་ཉམ་པའི་ངང་ཕུལ་བས། །སྣང་སྲིད་དག་པ་རབ་འབྱམས་མངོན་བྱེད་ཤོག།
Les plus belles formes, sons, odeurs, goûts, sensations tactiles, apparences vides indissociables comme l’arc-en-ciel ou la lune ans l’eau, phénomènes et perceptions libérés des restrictions ou du déclin, nous offrons l’état naturel, puissions-nous réaliser l’infinie pureté des apparences et des existences possibles.
སྡིག་པ་བཤགས་པ་ནི།
La confession des actions nuisibles
ངོ་བོ་ཡེ་གྲོལ་ཆེན་པོའི་སྡིག་ལྟུང་རྣམས། །བཤགས་དང་བཤགས་པའི་མཚན་མ་མ་གྲུབ་ཀྱང་། །ཀུན་རྫོབ་རྟེན་འབྲེལ་ཙམ་གྱི་དབང་བྱས་ཏེ། །སྡིག་ལྟུང་དྲན་ཏེ་ཡེ་གྲོལ་ངང་དུ་བཞག།
La nature libre de commencement, dans son immensité, les méfaits et manquements, puisque la confession et l’objet de la confession n’ont aucune caractéristique ni réalité, sous le simple pouvoir des interdépendances relatives, demeurons dans la nature libre depuis toujours du souvenir des méfaits et des manquements.
རྗེས་སུ་ཡི་རང་བ་ནི།
Se réjouir des vertus
ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་གྲུབ་པའི་དབང་ཕྱུག་རྣམས། །དོན་དམ་མཉམ་པ་ཉིད་དུ་གཟིགས་ན་ཡང་། །ཀུན་རྫོབ་འཁྲུལ་པའི་འགྲོ་བར་སྙིང་བརྩེ་བའི། །འདྲེན་མཆོག་རྣམས་ལ་དགའ་བས་རྗེས་ཡི་རང་༎
Envers les Puissants pratiquants du grand sceau, lorsqu’ils considèrent dans l’égalité de l’ultime vérité, avec l’amour et la compassion relatifs envers ceux qui errent dans l’illusion, se souvenant de ces sublimes, nous nous réjouissons joyeusement.
ཆོས་ཀྱི་འཁོར་ལོ་བསྐོར་བར་བསྐུལ་བ་ནི།
Exhorter à tourner la roue de l’enseignement
བདེ་ཆེན་དབྱིངས་ལ་གནས་པའི་སིདྡྷ་རྣམ། །སྔོན་གྱི་ཐུགས་བསྐྱེད་དམ་བཅའ་ཇི་བཞིན་དུ། །འཁྲུལ་སྣང་སྡུག་བསྔལ་མྱོང་བའི་འགྲོ་རྣམས་ལ། །བདེ་ཆེན་ཆོས་ཀྱི་འཁོར་ལོ་བསྐོར་དུ་གསོལ༎
Les siddhas demeurent dans la sphère de grande félicité, ont justement promis de faire naître véritablement la compassion. Pour ceux qui errent en expérimentant les apparences illusoires de la souffrance, nous vous prions de mettre en mouvement la roue de l’enseignement de grande félicité.
མྱ་ངན་ལས་མི་འདའ་བར་བཞུགས་པར་གསོལ་བ་འདེབས་པ་ནི།
Prière afin que les éveillés demeurent dans le monde et ne partent pas pour l’au-delà
འཁྲུལ་སྣང་དབྱིངས་སུ་ཟད་པའི་འཕགས་ཆེན་ལ། །སྐྱེ་དང་འཆི་བའི་མཚན་མ་མ་དམིགས་ཀྱང་། །འཁྲུལ་པའི་འགྲོ་ལ་རྟག་ཏུ་ཕན་བྱའི་ཕྱིར། །མྱ་ངན་མི་འདའ་བཞུགས་པར་གསོལ་བ་འདེབས༎
Les grands Nobles dans la dimension de la réalité ayant épuisé les apparences illusoires, même s’ils ne distinguent les caractéristiques de naissance et mort, afin de toujours être bénéfique à ceux qui errent dans l’illusion, nous vous prions afin que vous demeuriez sans passer au-delà de la souffrance.
བསྔོ་བའི་ཡན་ལག་ནི།
La branche de la dédicace
ཆོས་ཀུན་གནས་ལུགས་སྤྲོས་དང་བྲལ་བའི་ཕྱིར། །བསྔོ་བྱ་སྔོ་བྱེད་མཚན་མ་མ་མཆིས་ཀྱང་། །དག་པའི་སྣང་བ་ཕྱོགས་མེད་འཆར་བའི་ཕྱིར། །དགེ་ཚོགས་བྱང་ཆུབ་ཆེན་པོའི་རྒྱུར་བསྔོའོ༎
Afin que tous enseignements sur la nature de l’esprit soient libres d’élaboration concernant les caractéristiques de la dédicace et de celui qui dédie, et qu’apparaissent sans parti pris les apparences pures, nous dédions pour que se transforment en le grand éveil l’ensemble des vertus.
Pour que tous les enseignements demeurent dans la voie et qu’ils ne soient pas séparés, même s’ils ne sont pas privés des caractéristiques d’être accomplis, pour que la vision pure ne soit pas détruite, nous prions pour que les assemblées vertueuses soient la source des grands accomplissements.
༑ དངོས་གཞི་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོར་བསྐུལ་བ་བཞི་ལས།
དང་པོ། སྣང་བ་སེམས་སུ་རྟོགས་པར་བསྐུལ་བ་ནི།
La partie principale comprend les quatre exhortations au Grand Sceau.
Premièrement, l’exhortation à la réalisation des apparences comme esprit
སྣང་བ་བག་ཆགས་འཁྲུལས་སྣང་ཡིན་ཕྱིར་དང་། །གསལ་སྟོང་སེམས་ཀྱི་རང་རྩལ་ཡིན་པའི་ཕྱིར། །སྣང་བ་སེམས་སུ་ངོ་སྤྲོད་གདམས་པ་ལ། །ངེས་ཤེས་བརྟན་པོ་སྐྱེ་བར་བྱིན་གྱིས་རློབས༎
Puisque les apparences illusoires sont les tendances manifestées et puisque la force même de l’esprit est vacuité et clarté, envers les instructions de reconnaissance du jeu naturel de l’esprit, puissions-nous recevoir la grâce de la naissance d’une certitude stable.
གཉིས་པ། སེམས་སྟོང་པར་ངོ་འཕྲོད་པར་བསྐུལ་བ་ནི།
Deuxièmement, l’exhortation de la reconnaissance de l’esprit vacuité
སེམས་འདི་མཐའ་བཞིའི་སྐྱེ་བ་མེད་ཕྱིར་དང་། །གཅིག་དང་དུ་མའི་མཐའ་ལས་འདས་པའི་ཕྱིར། །སེམས་ཉིད་སྟོང་པའི་ངོ་སྤྲོད་ཟབ་མོ་ལ། །ངེས་ཤེས་བརྟན་པོ་སྐྱེ་བར་བྱིན་གྱིས་རློབས།།
Cet esprit, puisqu’il n’est pas né, sans base ni limite et puisqu’il est au-delà des limites de multiple et d’unité, dans la profonde reconnaissance de l’esprit même comme étant vacuité, puissions-nous recevoir la grâce de la naissance d’une certitude stable.
གསུམ་པ། སྟོང་པ་ལྷུན་གྲུབ་ལ་ངེས་ཤེས་སྐྱེ་བར་བསྐུལ་བ་ནི།
Troisièmement, exhortation certaine de la vacuité spontanée
སྟོང་པ་དེ་ཡང་སྟོང་རྐྱང་ཙམ་མིན་པར། །སྐུ་གསུམ་ལྷུན་གྱིས་གྲུབ་པར་གསུངས་པའི་ཕྱིར། །རང་བཞིན་ལྷུན་གྲུབ་ངོ་སྤྲོད་ཟབ་མོ་ལ། །ངེས་ཤེས་བརྟན་པོ་སྐྱེ་བར་བྱིན་གྱིས་རློབས༎
Plus encore, la vacuité, la simple et seule vacuité, comme cela est enseigné, sont les trois corps spontanés, dans la reconnaissance profonde de la nature spontanée. Puissions-nous recevoir la grâce de la naissance d’une certitude stable.
བཞི་པ། ལྷུན་གྲུབ་རང་གྲོལ་མངོན་དུ་གྱུར་བར་བསྐུལ་བ་ནི།
Quatrièmement, l’exhortation à la véritable libération d’elle-même, spontanée.
བདེ་སྟོང་རྩལ་ལས་ཤར་བའི་རྟོག་ཚོགས་རྣམས། །གྲོལ་བྱེད་གཞན་མེད་རང་གྲོལ་དུ་གསུངས་ཕྱིར། །རྣམ་རྟོག་རང་གྲོལ་མན་ངག་ཟབ་མོ་རྣམས། །ད་ལྟ་ཉིད་དུ་མངོན་དུ་འགྱུར་བར་མཛོད༎
La force de la félicité vacuité s’élevant de l’ensemble des concepts, qui enseignent la libération d’elle-même sans saisie de la libération, les instructions profondes qui libèrent les concepts par eux-mêmes, maintenant même, actualisons ce trésor véritable.
རང་གྲོལ་བཞི་ལ་ལ་བཟླ་བ་ནི།
Pour aller au-delà, pour que chacun par les quatre libérations spontanées
སྣང་བ་ཐམས་ཅད་སྣང་སྟོང་རང་གྲོལ་ངང་། །ཤེས་པ་ཐམས་ཅད་གསལ་སྟོང་རང་གྲོལ་ངང་། །བདེ་སྡུག་ཚོར་བ་བདེ་སྟོང་རང་གྲོལ་ངང་། །རང་བྱུང་རིག་པ་རིག་སྟོང་ངང་དུ་ཨ༎
La nature libre d’elle-même des apparences vacuité de toutes les apparences, la nature libre d’elle-même de clarté vacuité de toutes les connaissances, la nature libre d’elle-même de félicité vacuité ressentie comme félicité et souffrance, c’est la nature de la conscience vacuité, la conscience née d’elle-même, A.
མ་དག་སྒོ་གསུམ་གྱི་སྣང་ཆ་རྡོ་རྗེ་གསུམ་གྱི་དབྱིངས་སུ་འཕོ་བ་ནི།
Le transfert dans la dimension des trois corps adamantins pour les apparences des trois portes impures.
དེ་ལྟར་གདུང་ཤུགས་དྲག་པོས་གསོལ་བཏབ་མཐུས། །མ་དག་སྒོ་གསུམ་འཁྲུལ་པའི་སྣང་ཆ་རྣམས། །དག་པ་རྡོ་རྗེ་གསུམ་གྱི་དབྱིངས་སུ་འཕོས། །རིག་སྟོང་དབྱེར་མེད་ངང་དུ་ལ་བཟླའོ། །ཨ་ཨ་ཨ༎
Ainsi, par la force de la puissante prière fervente, les apparences visibles illusoires des trois portes impures, sont transférées dans la dimension de la pureté des trois diamants. Allons au-delà, dans la nature indissociable de la conscience vacuité. A A A.
༑དགེ་སྦྱོང་དང་བྲམ་ཟེའི་རྣམ་རྟོག་བཙན་ཐབས་སུ་བཤིག་ཅིང་། བདེ་སྟོང་གི་རྟོགས་པ་གོང་དུ་སྤེལ་བའི་ཐབས། ཚོགས་ཀྱི་འཁོར་ལོ་ནི།
Pour détruire vigoureusement les concepts des Brahmans et de l’ascétisme. Les moyens de développer la réalisation de la félicité vacuité. La roue du Festin d’offrandes.
བྲམ་ཟེའི་རྣམ་རྟོག་གཞིག་ཕྱིར་ཐབས་ཀྱི་རྫས། །དགེ་སྦྱོང་རྣམ་རྟོག་གཞིག་ཕྱིར་ཤེས་རབ་རྫས། །ཐ་མལ་རྣམ་རྟོག་གཞིག་ཕྱིར་ངོ་ཚ་བྲལ། །དག་སྣང་འཆར་ཕྱིར་བདེ་སྟོང་ངང་དུ་བཞག།
Plutôt que les substances des moyens habiles afin de détruire les concepts des Brahmans (purs), les substances de sagesse pour détruire les concepts vertueux d’ascétisme, libéré de la honte pour détruire les concepts ordinaires, demeurons dans la nature de félicité vacuité faisant apparaître la vision pure.
སྦྱོར་མཆོད་ནི།
Offrande de l’union :
འདོད་ཆགས་བདེ་སྟོང་ངང་དུ་སྦྱང་ཕྱིར་དང་། །གསུམ་པའི་དབང་གི་ཉམས་ལེན་མཐར་ཐུག་པ། །སྦྱོར་དུ་མེད་དེ་མཉམ་ཉིད་ངང་དུ་སྦྱོར། །སྦྱོར་ཞིང་སྦྱོར་ཞིང་བདེ་སྟོང་ངང་དུ་བཞག །ཨ་ཧོ་མ་ཧཱ་སུ་ཁ།
Afin de purifier le désir-attachement dans la nature de félicité vacuité, le parachèvement de la pratique de la troisième initiation, unissons-nous à la nature de l’égalité sans union, unissons-nous, unissons-nous en demeurant dans la nature de félicité vacuité. A ho maha’soukha.
མཆོད་པའི་ལྷ་མོ་བཅུ་དྲུག་གིས་མཆོད་པ་ནི།
Les offrandes des seize déesses d’offrandes :
དགའ་བ་བཅུ་དྲུག་རང་ངོ་ཤེས་པ་ཡི། །སྟོང་ཉིད་བཅུ་དྲུག་རང་རྩལ་སྟོང་པའི་གཟུགས། །མཆོད་པའི་ལྷ་མོ་བཅུ་དྲུག་སྒྱུ་རྩལ་གྱིས། །བདེ་སྟོང་དོན་གྱི་ལྷ་མཆོག་མཉེས་གྱུར་ཅིག།
Connaissant la nature des seize joies, elles prennent la forme vide, naturelle expression des seize vacuités, habileté magique des seize déesses d’offrandes, puissions-nous trouver ces sublimes déesses, sens de la félicité et de la vacuité.
ཚོགས་འབུལ།
Offrande du festin
ཨ་ཧོ། གཟིགས་ཤིག་མ་ཧཱ་མུ་དྲའི་རྣལ་འབྱོར་ཕོ་མོ་རྣམས། །ཟག་མེད་ཚོགས་ཀྱི་འཁོར་ལོའི་བདུད་རྩི་དམ་པ་བདི། །གཙང་རྨེའི་རྣམ་རྟོག་བཤིག་པའི་ཐབས་མཆོག་དམ་པ་ཡིན། །མཉམ་ཉིད་ངང་དུ་རོལ་ཏེ་ཐུགས་མཆོག་དགྱེས་པར་མཛོད༎
A Ho ! Regardez, pratiquants et pratiquantes de l’union du Mahamoudra, cette roue de pur nectar de festin d’offrande non contaminé, excellence ultime des moyens suprêmes pour la destruction des concepts purs et impurs, c’est le jeu de l’activité grandement plaisante de la nature équanime.
ཆོས་རྣམས་ཀུན་གྱི་གནས་ལུགས་ཡེ་གྲོལ་ཆེན་པོ་འདི། །ཐོས་པ་ཙམ་གྱིས་རྣམ་རྟོག་འཆིང་བ་གློད་བྱེད་ཅིང་། །བསམ་པ་ཙམ་གྱིས་ཉོན་མོངས་གདུང་བ་ཞི་བྱེད་པས། །བསྒོམ་བྱུང་ཤེས་རབ་སྐྱེས་ཚེ་འདི་ལ་ཐེ་ཚོམ་མེད༎
Cette vaste et grande libération de la nature de tous les phénomènes, en entendant le simple son que les liens des concepts sont relâchés, aussi rapidement que la pensée, les émotions conflictuelles des désirs s’estompent, la sagesse résultante de la méditation est née de cela, il n’y a aucun doute.
རྡོ་རྗེའི་གླུ་དང་གར་ལ་སོགས། །ཡོ་གཱིས་རྟག་ཏུ་རྟག་ཏུ་བྱ། །ཞེས་གསུངས་པ་བཞིན་དུ། །ཚོགས་ཀྱི་འཁོར་ལོ་ལ་རྡོ་རྗེའི་གླུ་གར་གལ་ཆེན་པོ་ཡིན་པའི་བྱིར།
རྡོ་རྗེའི་གར་གླུ་ནི།
Les chants et les danses adamantines et autres, que toujours les Yoguis pratiquent, c’est pourquoi elles sont expliquées. Puisque les roues du festin d’offrande et les chants et les danses adamantines sont importantes.
Les chants et les danses :
འདིར་ཚོགས་རྣལ་འབྱོར་ཕོ་མོ། །ཚོགས་ཀྱི་འཁོར་ལོར་བྱོན་ཞིག །བདེ་ཆེན་ཚོགས་ཀྱི་འཁོར་ལོར། །རྡོ་རྗེའི་གླུ་གར་གསུངས་པས། །རྡོག་བྲོ་བྱི་ལ་བསྒྲིག་པས། །ཕྱི་སྣང་སྒྱུ་མར་སྦྱོངས་ཤིག །རྡོག་བྲོ་ནང་ལ་བསྐོར་བས། །རྟོག་ཚོགས་དབྱིངས་སུ་སྦྱོངས་ཤིག །རྣལ་འབྱོར་ལུས་ཀྱི་འགྱུར་བས། །ཚོར་རྟོག་བདེ་བར་སྒྱུར་ཅིག །དུས་གསུམ་རྣམ་རྟོག་འདི་ཡང་། །དུས་མེད་དབྱིངས་སུ་སྒྱུར་ཅིག །ཕྱོགས་མེད་ཕྱོགས་བྲལ་ཚོགས་ཁང་། །སྣང་སྟོང་འཇའ་ཚོན་སྟ་བུ། །གཞལ་ཡས་ཁང་དུ་འདུག་པས། །གུ་ཡངས་བདེ་སྟོང་རྟོགས་པ། །གང་ཤར་རང་གྲོལ་ཆེན་པོའི། །རྡོ་རྗེའི་གླུ་གར་འདི་ཉིད། །ངོ་མཚར་རྨད་བྱུང་ཐབས་མཆོག །བསམ་བཞིན་སྤྲོ་བ་སྐྱེས་སོང་། །སྤྲོ་བ་སྐྱེས་པའི་གླུ་གར། །ཕྱག་ཆེན་གྲུབ་པའི་དཀྱིལ་འཁོར། །མཉེས་པའི་རོལ་མོར་འབུལ་ལོ།།
Assemblées de pratiquants et de pratiquantes de l’union, venez dans la roue du festin d’offrande, la roue du festin de grande félicité. Chaque chant et danse adamantins arrangés joyeusement purifient l’illusion des apparences extérieures, chaque chant et danse intérieures tournant, l’assemblée des concepts spontanément purifiés, transformant le corps des pratiquants, réalisant la nature des pensées, elles se transforment en félicité, et même les concepts des trois temps, se transforment dans la dimension intemporelle. La maison du festin sans direction, libéré des situations avec des apparences vides semblables à l’arc-en-ciel, c’est le palais incommensurable, réalisé comme félicité vacuité spacieuse. Tout ce qui s’élève est libre de soi-même dans ces vastes chants et danses adamantines même, excellentes merveilles des suprêmes méthodes, qui s’élèvent et s’en vont à volonté. La joie s’élevant des chants et danses du cercle sacré de la pratique du grand sceau de la nature ultime, nous en offrons la symphonie plaisante.
རྟེན་འབྱུང་ཙམ་གྱི་ལྷག་གཏོར་ནི།
La simple apparition interdépendante des restes de l’offrande
བདེ་སྟོང་དབྱེར་མེད་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོ་ལ། །ཕུད་དང་ལྷག་མའི་སྤྲོས་པ་མ་འཆིས་ཀྱང་། །ཀུན་རྫོབ་རྟེན་འབྱུང་བསླུ་བ་མེད་པའི་ཕྱིར། །ལྷག་གཏོར་དམིགས་མེད་སྤྲོས་བྲལ་ངང་དུ་སྦྱིན།།
En l’indissociabilité du grand sceau de félicité et de vacuité, la production de l’offrande des restes n’étant pas conçue de manière conceptuelle, parce que la vérité relative interdépendante ne peut pas être trompeuse, nous offrons les restes de la nature non conceptuelle libre de projection.
དེ་ནས་བསྡུ་རིམ་ནི།
Ensuite la résorption progressive
བདེ་སྟོང་དབྱེར་མེད་ངང་དུ་ལ་བཟླའོཀུན་རྫོབ་སྣང་སྟོང་ཕྱག་ཆེན་དཀྱིལ་འཁོར་རྣམས། །དོན་དམ་བདེ་ཆེན་འོད་གསལ་དབྱིངས་སུ་ཐིམ། །འཐིམ་བྱ་འཐིམ་བྱེད་འཛིན་པའང་མི་དམིགས་ཕྱིར། །བདེ་སྟོང་དབྱེར་མེད་ངང་དུ་ལ་བཟླའོ༎
Les apparences vides du domaine relatif, le cercle sacré du Grand Sceau, se résorbent dans la sphère de la claire lumière qui est grande félicité ultime, puisque qu’il ne peut être perçu ni une résorption ni quelqu’un qui résorbe, allons au-delà, vers la nature indissociable de félicité vacuité.
རྗེས་སྣང་བ་ལམ་བྱེད་ནི།
Le chemin de l’expérience quant aux expériences qui s’ensuivent
སྟོང་ཆེན་ངང་ལས་བདེ་ཆེན་འོད་གསལ་རྩལ། །སྣོད་བཅུད་སྣང་བ་ཆུ་ཟླ་འཇའ་ཚོན་བཞིན། །དམིགས་མེད་སྙིང་རྗེའི་ཉམས་ལེན་མཐར་བྱིན་ཏེ། །བདག་གཞན་དོན་གཉིས་འགྲུབ་པའི་རྒྱུར་གྱུར་ཅིག།
Dans la nature de la grande vacuité, qui est la puissance de la Grande Félicité de la Claire Lumière, le réceptacle et son contenu apparaissent comme le reflet de la lune dans l’eau ou comme un arc-en-ciel. Ayant parachevé la pratique de la compassion sans référence, puissions-nous accomplir les deux bienfaits pour nous-mêmes et pour autrui.
སྨོན་ལམ་ནི།
Les prières de souhaits
བདེ་སྟོང་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་རང་གཤིས་ལ། །འཐོབ་བྱ་འཐོབ་བྱེད་ཐོབ་པ་མི་དམིགས་ཀྱང་། །ཀུན་རྫོབ་རྟེན་འབྱུང་བསླུ་བ་མེད་པའི་ངང་། །དྲི་བྲལ་འབྲས་བུས་གཞན་དོན་ལྷུན་འགྲུབ་ཤོག།
Dans la Félicité Vacuité du Grand Sceau naturel de la base, ce qui est obtenu, celui qui obtient et l’obtention, bien qu’ils ne soient pas envisagés, dans la nature relative de l’interdépendance qui ne trompe jamais, par le fruit immaculé de cette compréhension, que le bien d’autrui puisse spontanément s’accomplir.
བཀྲ་ཤིས་ནི།
དཔལ་འབར་ཤོགགཞི་ཡི་བཀྲ་ཤིས་འཁོར་འདས་དབྱེར་མེད་ངང་། །ལམ་གྱི་བཀྲ་ཤིས་ཐབས་ཤེས་དབྱེར་མི་ཕྱེད། །འབྲས་བུའི་བཀྲ་ཤིས་སྐུ་གསུམ་ལྷུན་གྱིས་གྲུབ། །གཞི་ལམ་འབྲས་བུའི་བཀྲ་ཤིས་དཔལ་འབར་ཤོག༎ ༎
La base de bon augure est la nature indissociable qui est celle du cycle et de l’au-delà. Le chemin de bon augure est l’inséparabilité des moyens habiles et de la sagesse. Le fruit de bon augure est la réalisation spontanée du triple Corps. Que la splendeur des bons augures puisse advenir au niveau de la base, du chemin et du fruit.
ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་སྒྲུབ་ཐབས་བདེ་ཆེན་བདུད་རྩིའི་རོལ་གར་འདི་ཉིད། ཁེ་ན་ཌའི་ཞིན་ཆེན་ཨེལ་སྦར་ཊིའི་(Alberta)ནང་། སེལ་ཕར་གྱི་དབུས་རི་ཆོས་སྐུ་ལོངས་སྐུ་སྤྲུལ་སྐུ་གསུམ་ལ་མཐའ་བསྐོར་གྱི་རི་རྣམས་འཁོར་ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོའི་གྲུབ་ཐོབ་ཀྱིས་བསྐོར་བ་ལྟ་བུ་དང་། ཁོ་ལམ་སྦི་ཡའི་གངས་རྒྔ་གྱི་ཐང་དང་གངས་རི་ཆེན་པོ་བླ་མ་སྐུ་བཞིའི་གངས་རི་ལས་བྱིན་རླབ་ཀྱི་ཆུ་རྒྱུན་འབབ་པ་ལྟ་བུ་དང་། མོ་རེན་ལེཀ་ནི་དགྱེ་པ་རྡོ་རྗེ་ལྷ་དགུའི་དཀྱིལ་འཁོར་ལྟ་བུའི་ས་ཁྱད་པར་ཅན་ནས་དབུ་བརྩམས་ཏེ། མཐར་ཝེན་ཁུ་ཝར་དུ་རྫོགས་ཆེན་དཔོན་སློབ་རིན་པོ་ཆེའི་གཟིམ་ཆུང་སྣང་སྟོང་ཕོ་བྲང་། ནམ་མཁའ་ཡང་ཤིང་རྒྱ་ཆེ་བ། རྒྱ་མཚོའི་ཆུ་བོའི་ཡན་ལག་སྒོ་དྲུང་དུ་འབབ་པ། གྲུ་ཆེན་དང་གྲུ་ཆུང་རྣམས་ཆུ་ནང་ལ་ཟླ་བ་གཡོ་བ་ལྟ་བུར། རྫོགས་ཆེན་དཔོན་སློབ་རིན་པོ་ཆེ་དང་ཨ་ཙརྱ་བསྟན་རྒྱལ་གཉིས་ནས་བསྐུལ་ངོར། སྔགས་མིང་བདེ་ཆེན་རང་གྲོལ་པས་གང་ཤར་ཐོལ་བྱུང་དུ་སྨྲས་པའོ།། ༎
Ce jeu et cette danse, ce nectar de félicité de la pratique du Grand Sceau, ont été écrits dans ce pays du Canada, en Alberta. Pour dissiper là-bas, au milieu des montagnes centrales, entouré des trois corps que sont le corps absolu, le corps de félicité et le corps d’apparition, il m’a semblé être enveloppé par les montagnes des accomplis du Grand Sceau. Le flot de la grâce des quatre corps des Maîtres tomba sous la forme de neige qui nous entourait dans ces grandes montagnes. Demeurant comme le cercle sacré particulier des huit Déités de l’Exclamation de Joie (Hévajra), dans ce lieu extraordinaire, Dzogtchen Peunlop Rinpotché a composé cette essence dans sa chambre, palais de l’apparence et de la vacuité, aussi vaste que l’espace, s’écoulant à ma porte comme les affluents de l’océan, vers les petits et grands vaisseaux, dans l’eau fluctuante comme le reflet de la lune. Dzogtchen Peunlop Rinpotché et le Maître Tengyel ont été sollicités. En conclusion, c’est le nom du verbe sacré de la Grande Félicité, libérée soudainement d’elle-même, quoi qu’il s’élève.
༄༅། །དགེ་འདུན་རིན་པོ་ཆེ་ཞལ་ནས།
Des paroles du Précieux Maître de l’Assemblée vertueuse (Guendun Rinpoché)
༄༅། །ཡོད་མེད་ཕྱོགས་གང་རུང་ལ་བརྟན་ནས་གནས་ལུགས་དེ། །བདེན་གྲུབ་དང་བདེན་མེད་དང་རྟག་དང་དངོས་པོ་དང་། །དངོས་མེད་གང་རུང་གཟུང་ནས་ལྟ་གྲུབ་འཛིན་པ་གཞུང་ལུགས་ཡིན། །སྐྱེད་མེད་འོང་མེད་འགྲོ་བ་མེད་ཆད་མེད་རྟག་མེད། །ཐ་དད་པ་མ་ཡིན་པ་ཅིག་པུ་མ་ཡིན་པ། །སྤྲོས་པའི་མཐའ་དང་བྲལ་བ། །གནས་ལུགས་འཁྲུལ་མེད་སྤྲོས་བྲལ་ལོ༎
Si nous nous attachons à la nature fondamentale comme étant existante ou non-existante, la considérant comme véritablement établie ou dénuée d’existence véritable, permanente ou phénoménale, ou comme absence de phénomène, s’accrochant à l’une de ces vues – c’est ce qu’on appelle un système philosophique.
Sans production, sans venue, sans départ, ni interruption, ni permanence, ni différence, ni unicité, au-delà de tous les extrêmes conceptuels, telle est la nature fondamentale authentique, libre d’élaborations.